De l’idéologie islamique française

Pour ceux qui ne l’auraient toujours pas lu, le livre d’Aissam Ait Yahia est un must absolu pour comprendre le système dans lequel nous vivons et le détruire dans nos coeurs. Ceci est un aperçu qui j’espère vous donnera l’eau à la bouche, vous pouvez vous procurer l’ouvrage ici  :

“Vous connaissez tous sans doute, le fameux et très sérieux «De l’idéologie allemande» rédigé par Marx et Engels, les pères fondateurs du communisme. On avait entendu parler de l’exécrable «De l’idéologie française» du médiatique philosophe-milliardaire des salons parisiens Bernard Henry Levi…Or, le tout dernier né de la galaxie des essais idéologiques se prénomme quant à lui «De l’idéologie islamique française».

D’emblée : le titre peut être trompeur et ambigu, surtout dans le contexte exacerbé autour de la question Islam que nous connaissons tous. Voire même vaniteux, tant il paraîtrait vouloir flirter avec les ouvrages précédents pour un auteur encore inconnu ( ?), mais -toute chose égale par ailleurs- il faut avoir l’honnêteté intellectuelle d’avouer que le contenu se révèle vraiment être à la hauteur de ce que nous laisse entrevoir ce titre tapageur.

L’auteur, un « musulman identitaire et décomplexé » comme il se présente, nous livre ici un véritable travail d’érudition au service d’une thèse très anticonformiste, voire complètement « radicale dans la subversivité », et c’est le moins qu’on puisse dire…
Quel est le sujet ? A vrai dire, on pourrait se poser une toute autre question : quel est le sujet non traité par l’auteur ?Car tout commence par une subtile mise en place du contexte : la situation des musulmans français se dégrade à vue d’œil à cause d’une islamophobie sournoise et de plus en plus débridée investissant tout le champ politique et social.

Selon l’auteur, cette islamophobie ne vient pas du bas de la société en réalité (là ou réside le bon peuple de France !), mais tout d’abord du haut, de son élite médiatico-politique, et elle s’est installée là où réside le pouvoir de contrôler les masses et fabriquer l’opinion publique.

Dès lors, rejetant le misérabilisme et le larbinisme de ce qu’il nomme le « complexe du blédard », il nous propose une véritable offensive idéologique, une vaste charge de cavalerie intellectuelle, en mettant sur pieds un plan destiné à construire une A. R. M (arme de réflexion massive) capable de tenir à distance tout islamophobe ethnocentrique imbu de la soi-disant supériorité des valeurs occidentales et/ou françaises.
En claire : une entreprise de démontage systématique de la Modernité issue de l’Occident chrétien.


Que dit-il ?

Tout d’abord, il commence logiquement par la naissance historique de cet Occident tant décrié (Partie I), il nous révèle que le christianisme n’a pas été le fondateur ex nihilo d’une civilisation au sens propre du terme. Le Christianisme « n’a réussi qu’a convertir l’Empire romain », qui lui, avait déjà des assises civilisationnelles (gréco-romaines).

Reprenant les thèses de nombreux philosophes et théologiens, il montre que la dénaturation du message christique par Paul de Tarse, sera la véritable cause, à la fois du succès du christianisme (conversion des romains et des païens), mais aussi de sa future fin (par la sécularisation laïque).

Paul dévaluant la place des œuvres dans la foi, favorise donc l’antinomisme (le rejet de la loi divine) en donnant déjà à l’Homme chrétien le pouvoir d’affirmer le pouvoir de sa seule Raison. Finalement, après l’apogée du christianisme en tant que système politique culturel et philosophique « cohérent » dont l’apothéose est la réforme grégorienne au milieu du Moyen-Âge, c’est la Raison humaine débridée qui commencera sa propre ascension. La libération de cette Raison va donner naissance à l’Humanisme, au rationalisme, ce qui, avec la Réforme protestante, accélère la fin du monopole de la religion chrétienne en Occident, au profit d’un matérialisme résolument humain.

L’auteur reprend à son compte ce que bon nombre d’historiens des idées avaient déjà mis en évidence : L’Occident est le créateur des bases idéophilosophiques qui ont contribué à la naissance de la Modernité.

Une telle affirmation peut déjà surprendre de la bouche d’un musulman ayant adopté « une vision authentique et civilisationnelle de l’Islam », mais le raisonnement poursuivi est très cohérent et il poursuit avec cela un but bien précis…
Dès lors, l’auteur s’acharne à montrer que toutes les idéologies séculières (issus de la sécularisation) sont donc issues du christianisme occidental, c’est pourquoi d’ailleurs elles sont nées en Occident. Il montre de manière très pertinente que toutes ont des liens explicites ou implicites avec le substrat doctrinal et philosophique chrétien, que cela soit le socialisme, le communisme, le rationalisme, le matérialisme, l’humanisme, la laïcité, la démocratie, toutes de prés ou de loin sont héritées du christianisme, même l’athéisme en est issue (le christianisme professant que dieu est mort sur la croix c’est donc pouvoir penser que ce dieu mort sur terre peut mourir aussi au ciel, c’est donc une porte chrétienne ouverte vers sa propre négation : interprétation é-pa-tante…).

Il poursuit en expliquant que ces idéologies fonctionnent comme des nouvelles religions, elles sont issues du christianisme et cherchent toutes à le remplacer dans les consciences des nouveaux hommes. Elles fonctionnent comme des religions inversées : le christianisme promettait le salut céleste et le paradis ? A cela ne tiennent, démocratie ou communisme promettent désormais le paradis sur terre, le pire est qu’elles n’avoueront jamais (par honte ou stratégie) qu’elles sont des véritables et nouvelles religions…(et là je dois dire que la démonstration est percutante).

Dès lors, il s’intéresse ensuite (Partie III) à la démocratie libérale puisqu’elle est l’idéologie (euh..pardon : la religion !) qui a désormais triomphé, après sa victoire finale contre sa sœur jumelle ennemie (le communisme).

Ici il prend un malin plaisir à détruire tous les fondements philosophiques sur lesquelles est construit le « moins pire » des systèmes politiques : l’égalité, la souveraineté du peuple, les élections. L’ironie et le culot est qu’il utilise parfois les propres paroles des « pères fondateurs » de la démocratie en démontrant, qu’il n’était pas aussi fou de croire comme des mystiques illuminés en sa sacro-sainteté.
Égalitarisme, tyrannie de la majorité, conformisme bien pensant, vulgarisation, déchéance de l’homme, manipulation oligarchique, hédonisme, consumérisme, contrôle de l’opinion, tous les travers de la démocratie sont passés aux cribles…Et on y ressort soit horrifié par notre propre apathie de pouvoir rester encore vivre sous un tel joug soit définitivement fataliste.

Qu’il insiste tellement sur les tares de la démocratie et la dictature bien pensante du conformisme et la tyrannie de la majorité sur la minorité, n’est compréhensible qu’à la lecture de la suite : en France cette minorité (ou une partie d’entre elles) est représentée par les jeunes musulmans pratiquants (française et non immigrée). L’auteur affirme que démocratie, en tant qu’héritière du christianisme, commence à connaître la même maladie que sa mère chrétienne qui la conduira aussi à sa propre fin : car ces rites se sont plus pratiqués, de plus en plus d’individus n’y croient plus… Et l’un de ces rites de la démocratie chez l’auteur, ce sont les élections touchées massivement par l’abstention…
Pour l’auteur, plus les couteaux sont nombreux plus la mise à mort sera rapide, il professe donc la poursuite absolue de l’abstention, et notamment il vise ici, ces propres congénères musulmans en leur posant les questions-qui-tues :
Comment pouvez-vous continuer de jouer à un jeu démocratique (héritier-en plus- du christianisme vous O musulmans !) qui vous déclarera toujours perdant à la fin quoique vous fassiez ?
Et là, il met en évidence le rôle postcolonial des « imams de la ripoublik » contrôlés par le ministère de l’Intérieur qui font des prêches politiciennes en appelant les fidèles aux votes sur les chaires des Mosquées d’Allah ! (Et on arrivait encore à nous faire croire qu’ils appelaient au jihad !!!???Pauvres imbéciles heureux que nous sommes…) Égratignant au passage le Tariq Ramadan, qui après ça, passera pour un petit mouton bien civilisé (comprenez : gentil et docile). Le niveau de subversion ici commence à se faire sentir et pour notre plus grand plaisir.

Et c’est donc à partir d’ici qu’on jette les pieds dans le plat « Islam ». L’auteur balaie d’un revers de main et d’une facilité surprenante toute idée de laïcité dans l’islam. Impossible démontre-t-il, innombrables preuves, explications aussi claires que cinglantes et raisonnement d’une profondeur à s’arracher les cheveux à l’appui : non la laïcité est d’origine chrétienne (Rendez à César…) et l’Islam ne peut pas faire émerger ce principe, mais surtout, explique-t-il, la laïcité est en réalité bien plus française qu’occidentale.

Et, ce qui est valable pour la laïcité est valable pour la démocratie, le communisme ou n’importe quelle idéologie séculière issue du christianisme, n’en déplaise à ce qu’il nomme les agents de l’Empire….

Sa maîtrise de l’histoire de notre pays (son pays natal, rappelons-le) est totale et absolue, que dire après ça, à part acquiescer comme un enfant devant son instituteur ?
Il montre qu’en réalité tout le but stratégique et historique de la France envers l’islam, si on revoit la genèse de leurs relations depuis l’époque Moderne (Le 19éme siècle justement…), a toujours été de contrôler et soumettre l’islam en le transformant de l’intérieur pour pouvoir manipuler les musulmans à sa guise, en les soumettant à son pouvoir, et cela depuis la colonisation de l’Algérie en 1830. Et aujourd’hui la France de 2011 ne fait que reproduire ces politiques coloniales destructrices de l’identité islamique pour ces propres indigènes musulmans français.
L’auteur nous explique que la laïcité (philosophique et maçonnique) est une doctrine trompeuse et hypocrite, derrière sa prétendue neutralité, elle n’est qu’une religion séculière (n’oubliez pas), la religion officielle de l’état français. Elle a détruit le catholicisme français qui faisait barrière à sa domination dans la société française au 19éme siècle, elle n’a toujours recherché qu’à créer des athées irréligieux sans foi ni valeurs transcendantes autres que celles du matérialisme positiviste, celles qui veulent faire de l’homme un dieu sur terre.
Or avec l’Islam le morceau est beaucoup trop gros à avaler : c’est pourquoi elle est obligée d’être tyrannique, totalitaire et liberticide envers les musulmans, elle sort de sa position de neutralité pour exiger la neutralité des espaces publics et même des consciences privées (pourtant protéger par la liberté de conscience et d’opinion !). Car sans cela, sans cette dérive, elle ne peut pas soumettre l’islam et les musulmans français comme elle a réussi à le faire pour l’extrême majorité des catholiques (à part 3000 « intégristes » solitaires…). Si elle se tenait qu’à sa position de 1905, elle ne réussira jamais son projet messianique de faire triompher l’humanisme prométhéen athée et progressiste en France, mais aussi dans le monde entier (d’où le fait pour l’auteur que « l’Islam authentique » est la cible number one du NWO).
La France est donc une sorte petit laboratoire à l’échelle du monde pour essayer de transformer l’Islam: telle est la thèse magistrale de l’auteur, et avouons (encore une foi) qu’il n’a pas forcément tords.

Et si je dit « islam authentique » c’est que l’auteur (Partie 4) en passe à la critique explosive de trois courants de l’islam, qui selon lui, d’une manière ou d’une autre favorise les projets de la mondialisation occidentale et de son impérialisme politique et culturel, et qui bizarrement sont toujours mis au-devant de la scène : le « soufisme maraboutique », le prétendu « réformisme musulman » et ce qu’il appelle le « salafisme séculier ».
Là il faut s’accrocher, car l’attaque est fulgurante, pas besoin d’être un islamologue pour comprendre, l’auteur est toujours très clair.
Le soufisme est une sorte de mysticisme bouddhisant qui a toujours suscité l’intérêt des orientalistes au temps des colonies tant ils avaient compris qu’il était une forme abâtardie d’un Islam auquel on avait retiré ses dents et sa volonté de défendre son intégrité…Des énergumènes pseudo philosophes comme Abdennour Bidar, pseudo-écrivain comme Abdelweheb Medeb, pseudo-rappeur comme Abd el Malik et pseudo-responsable communautaire comme Dalil Boubakeur, sont littéralement exposés et explosés, l’auteur a l’impression parfois d’avoir écrit avec ses tripes et à l’acide sulfurique !


Les « collabeurs » que Nabe nous dénonçait déjà sont littéralement tondus et marqués de l’ignominie de la traîtrise.
La cible du courant réformiste « moderne » est la mouvance symbolisée par Tarik Ramadan. L’auteur lui reproche d’user des termes de la modernité occidentale pour vouloir moderniser l’islam, ce qui revient à moderniser l’islam dans une vision « occidentalo-centré » et donc finalement cela rejoint les buts ultimes de la « mondialisation impériale » : créer un islam compatible aux canons occidentaux.
Il en profite au passage, pour nous donner un cours magistral de droit constitutionnel musulman, en détruisant encore les ragots des pseudo islamologues de service. Non, le véritable état islamique ou musulman (au choix…) n’est pas une théocratie (qui est un concept chrétien comme il l’explique), son chef d’État est tout sauf un autocrate qui pourrait faire ce que bon lui semble (vous avez dit ou entendu tyrannie et despotisme ? Revoyez votre copie…)


Ensuite, il finit avec le salafisme ou plutôt ce qu’il appelle le « salafisme séculier », l’auteur croise souvent certains principes défendus par les autorités religieuses de ce salafisme avec ce que disaient déjà certains théologiens chrétiens : de Paul de Tarse à Bossuet en passant par Luther, l’analogie est très instructive. En gros, ces salafistes sont des sortes de « pharisiens » leurs attachements scrupuleux aux rites de l’Islam est trompeur, car au contraire, ils se détachent inexorablement de la loi islamique à appliquer puisqu’ils défendent leurs chefs d’État.
Ce salafisme pro Saoud énonce par exemple que les musulmans doivent obligatoirement obéir à leurs chefs d’État (comme des moutons bien dociles : et quand on sait que ces chefs d’État arabes sont déjà tous à la botte de l’occident, ce salafisme ne nous apparaît déjà plus comme bien dangereux pour les intérêts occidentaux, dire que TF1 nous faisait peur pour rien …). De même ils énoncent que les musulmans ne doivent pas s’occuper de politique (forme de laïcité intériorisée?) et que les savants doivent être soumis à leurs dirigeants (en gros : ils perdent ainsi toutes leurs indépendances et deviennent de simples petits fonctionnaires complices des régimes arabes).


L’auteur explique que c’est exactement là, en germe, le processus de sécularisation que le christianisme a déjà connu.
Dès lors que l’Arabie Saoudite soit l’allié historique des USA est clairement compréhensible (malgré des petits accrocs causés par d’autres types de salafisme beaucoup plus révolutionnaire et beaucoup plus cohérent dans leurs volontés de défendre l’héritage civilisationnel de l’Islam…) puisque l’Islam officiel de l’état saoudien est une sorte de fondamentalisme musulman tout comme l’est l’évangélisme protestant. C’est-à-dire que ce salafisme diffuse une vision de l’islam largement intégrable à l’empire mondialiste. Les USA protestants et sécularisés l’ont compris, la France laïque et anticléricale pas encore…
Finalement la dernière partie (Partie V) semble faire figure de conclusion. L’auteur revient sur la notion de modernité, il montre comment la majorité des musulmans du monde entier sont abusés, car ils ne comprennent pas ce que recouvre réellement cette notion de Modernité et ne savent pas la définir.
Pour la plupart d’entre eux la modernité, c’est un processus d’avancement technologique et technique (en gros l’iphone et internet) alors que la Modernité est une conception philosophique progressiste dans un sens social et politique : c’est la sécularisation, c’est le triomphe de la raison humaine, c’est le matérialisme nihiliste, c’est la perte de pertinence de la religion, c’est l’humanisme prométhéen, c’est la dislocation des formes traditionnelles de la famille, c’est la libéralisation des mœurs (pour ne pas la bestialisation), etc etc etc.
Or l’Occident ne l’avoue jamais clairement, et surtout il énonce toujours de manière trompeuse que cette modernité est universelle alors qu’elle n’est qu’un rejeton de sa propre et seule histoire, en un mot : sa seule création. (Je rappelle ici que le sous-titre de l’ouvrage est : éloge d’une insoumission à la modernité)


De la même manière, l’auteur nous dit que c’est exactement le cas aussi pour la Mondialisation qui est en réalité un processus d’occidentalisation de la planète. Et si pour lui, les musulmans français vivent la situation la plus difficile en Occident par rapport à d’autres communautés musulmanes (en Angleterre, dans les pays scandinaves, et même aux USA) c’est que la France est le cœur véritable de cette Modernité : Les Lumières, le Cartésianisme, la Révolution Française, la déclaration des droits de l’homme, la déchristianisation, l’athéisme moderne, etc. Tous né en France, et tous ont gardé un messianisme mystique quasi religieux ainsi que leurs intolérances cachées qui réapparaît aujourd’hui, et dont l’Islam et les musulmans, dans notre société, ont le mérite de faire tomber les masques selon l’auteur.
Dès lors, pour lui, seul le rétablissement du califat est le gage du retour de la vraie et véritable civilisation islamique qui sera (enfin) la seule maîtresse de son Histoire en créant sa propre Modernité ( et non d’islamiser la modernité occidentale comme il le dénonce) et créera un vrai monde multipolaire, dans lequel il y a l’idée d’un « chacun chez soi les vaches seront bien gardés ».
Donc pas question de faire un copier-coller généralisé de modèles occidentaux dans les pays arabes auquel on assiste tous depuis la colonisation européenne, mais aussi même avec leurs prétendues indépendances.
Ce que l’auteur semble nous dire, c’est que les musulmans sont pour l’instant des sortes d’orphelins : ni ici (France) ni là-bas (pays musulmans), ils ne se sentent chez eux, car ici ou là-bas c’est toujours les mêmes qui règnent et qui poursuivent toujours les mêmes buts concernant l’Islam avec des politiques quasi similaires…


Dans les dernières lignes, de manière eschatologique, l’auteur cherche à montrer que tout ceci peut faire partie, peut-être, du plan divin que Dieu a assigné à l’Humanité et à l’Islam. La falsification du christianisme qui a joué un rôle moteur, voire primordiale dans la création de ce monde moderne, explique peut être pourquoi selon certains hadiths (parole du prophète Muhammad) c’est Jésus lui-même qui doit revenir en achevant de faire triompher l’Islam, en faisant abattre une croix et tuant un porc : symbole de la déritualisation, de l’antinomisme et de la « déviation paulienne de la tradition monothéiste abrahamique », nous explique l’auteur…
L’auteur nous invite finalement dans sa plus honnête subjectivité, à nous pencher sur cette lecture de notre monde, mais à travers les yeux d’un musulman qui a longuement médité cette situation.


Quelles impressions me laisse cette fascinante lecture ?


Après ces 5 parties, 13 chapitres et plus de 550 pages on en sort abasourdi, penseur, étonné, voire retourné…C’est évident.
Vous l’aurez compris, je suis sous le charme et de l’écriture et du sujet, et du fond et de la forme.
Rarement une lecture si érudite (on a l’impression d’avaler une bibliothèque) m’aura donné autant soif de savoir. Mais paradoxalement, la somme des connaissances produites quoique très importante ne donne aucune indigestion, tant la fluidité parait naturelle.
Dans ma propre identité de français de souche (non convertis, mais islamophile je l’avoue…), il y a tellement de choses qui m’interpelle directement, qui me parle au plus profond de mon identité d’Occidentale et de « postchrétien » comme dirait l’auteur. Et je dois le dire, le confesser même : il y a une force quasi gravitationnelle qui me pousse à adopter la majeure partie de ces analyses.
Si je devais en faire une interprétation très « académique » et opérer des rapprochements avec mes autres lectures, je dirais qu’il y a du Nietzsche, il y a du Proudhon, il y a du Thoreau, il y a de l’Ellul, du Chomsky et il y a même du Nabe : surtout dans l’écriture polémiste quand l’auteur attaque directement certaines personnalités ou catégorie de personne.


D’ailleurs, source d’inspiration ou non, à la page 516, l’auteur cite textuellement un petit passage d’Une Lueur d’Espoir de MEN : « Si les Occidentaux du vingtième siècle n’avaient pas été aussi iniques, peut-être les musulmans se seraient-ils contenté aujourd’hui d’un Islam pépère… » En effet, si on comprend bien, tout le livre tourne autour de cet aporisme nabien: le mépris, l’injustice et le cynisme de l’Occident justifient et justifieront en retour l’apparition d’un Islam qui ne fera plus aucune concession et bien au contraire…
En résumé c’est un véritable pamphlet incendiaire dans la plus pure tradition française, et pour certains ce sera une sorte de paradoxe puisque l’auteur (issus de l’immigration maghrébine ?) est un musulman à la chevalier Bayard « sans peur ni reproche » défendant la bannière noire de l’Islam…Mais surtout, il y a dans l’esprit de l’auteur une espèce d’anticonformisme subversif radicalisé, un véritable esprit révolutionnaire « anarchisant » (au sens positif du terme dans une société telle que la notre…) en lutte constante contre l’empire occidental et toutes ses formes d’impérialismes, un véritable esprit combattant du « jihad idéologique ».


J’avais d’ailleurs lu récemment le « Comprendre l’Empire » du cher Alain Soral (qui ne fait plus que vomir sur tout le monde : Dieudonné le prochain ?), et j’en étais sortis avec une petite moue au visage et un « autant de bruit pour rien ».
Désormais, comprendre l’empire selon l’idéologie islamique française, c’est non seulement le comprendre, mais c’est surtout le détruire et tout d’abord au fond de soi-même.
Et le véritable exploit c’est de le détruire sans détourner d’avions, sans « Nine eleven », sans coup de feu, ni AK47, en allumant non pas une lueur, mais un incendie d’espoir à l’horizon…


Reste que l’auteur musulman est fondamentalement musulman, terriblement musulman, profondément musulman, sa vision, ses déductions, ses interprétations le sont elles aussi, malgré sa volonté de dépasser le langage théologique pour se faire objectivement comprendre de tous (dans une subjectivité consciente, avouée et assumée), et même si ces analyses sonnent souvent vertigineusement juste, elles seront toujours opaques pour la masse, pour la majorité des individus écrasée par le poids multiséculaire de ce système aliénant qui nous a inlassablement travaillés jusque dans nos neurones. Et il y aura une toujours une barrière d’incompréhension insurmontable.
Mais l’auteur le sait pertinemment, c’est pourquoi il ne vise par ce livre que ceux d’entre nous qui sont sortis de la matrice et qui ont choisi la pilule bleue pour suivre le lapin blanc jusqu’au fond de son trou.
J’avais lu un article américano-israélien parlant de ces Français musulmans “radicaux” gravitant autour de Soral and co, c’est dans ce sens que je qualifierai l’auteur d’un french radical muslim of Nabe, et Dieu sait que ce type de “musulman radical” là est beaucoup plus intéressant que le petit beur de la cité omnibulé par les élucubrations soraliennes…”

David Leroy

Auteur de l’article : Rayan

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *