Le genre littéraire unique du Coran

1. Introduction

“Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé,” [1]. Ce sont les premiers mots du Coran révélés au prophète Muhammad il y a plus de 1400 ans. Muhammad (que la prière d’Allah et ses bénédictions soient sur lui), qui était connu pour avoir été en retraite et en méditation dans une grotte à l’extérieur de la Mecque [2], avait reçu les premiers mots d’un livre qui allait avoir un impact énorme sur le monde de la littérature arabe [3]. N’étant pas connu pour avoir composé des poèmes et n’ayant pas de dons rhétoriques particuliers[4], Muhammad venait de recevoir le début d’un livre qui traiterait des questions de croyance, de droit, de politique, de rituel, de spiritualité et d’économie[5] sous une “forme littéraire entièrement nouvelle”.

Selon l’historienne populaire Karen Armstrong :

“C’est comme si Muhammad avait créé une forme littéraire entièrement nouvelle… Sans cette expérience du Coran, il est extrêmement improbable que l’Islam ait pu émerger” [6].

Cette forme littéraire unique a été la cause de la renaissance intellectuelle spectaculaire des Arabes du désert, et après treize ans de révélation à La Mecque, elle est devenue la seule référence pour un nouvel Etat à Médine [7]. Cette nouvelle forme de discours, le Coran, est devenu la source principale de la politique, philosophie et vie spirituelle de la nouvelle civilisation [8].

Le défi du Coran

Cette forme littéraire unique constitue la toile de fond de la doctrine du I’jaz al-Quran, l’inimitabilité du Coran, qui est au cœur de la prétention du Coran à être d’origine divine. Le Coran affirme :

Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur, tâchez donc de produire une sourate semblable et appelez vos témoins, (les idoles) que vous adorez en dehors d’Allah, si vous êtes véridiques.

[Coran 2:23]

Et

Ou bien ils disent: « Il l’a inventé lui-même ? » Non… mais ils ne croient pas.

Eh bien, qu’ils produisent un récit pareil à lui (le Coran), s’ils sont véridiques.

[Coran 52:33-34]

Selon les exégètes coraniques [11], ces versets lancent un défi pour produire un chapitre (sourate) qui imite la forme littéraire unique du Coran. Les outils nécessaires pour relever ce défi sont les règles grammaticales finies et les vingt-huit lettres qui composent la langue arabe ; ce sont des mesures indépendantes et objectives à la disposition de tous. Le fait qu’elle n’ait pas été égalée depuis son apparition jusqu’à ce jour ne surprend pas la plupart des universitaires qui connaissent la langue arabe et le Coran [12].

L’incapacité de toute personne à produire quelque chose comme le Coran, en raison de sa forme littéraire unique, est l’essence du miracle coranique. Un miracle est défini comme “un événement qui se produit en dehors de la capacité de production de la nature” [13]. L’argument avancé par les théologiens et philosophes musulmans est que si, avec l’ensemble fini d’outils linguistiques arabes dont dispose l’humanité, il n’y a pas de contestation efficace, alors fournir une explication naturaliste du caractère unique du Coran est incohérent et n’explique pas son inimitabilité. En effet, naturellement les producteurs de textes, ou les auteurs, sont capable de produire les formes littéraires connues en langue arabe. L’élaboration d’une forme littéraire entièrement unique dépasse la portée de la nature productive de tout auteur, d’où la conclusion que l’existence d’une entité surnaturelle, Dieu, est la seule explication compréhensive et inclusive [14].

Le but de cet article est d’expliquer comment le Coran parvient à cette forme littéraire unique, expliquant ainsi le miracle de son inimitabilité.

2. Formes littéraires arabes

Selon l’érudition musulmane et non-musulmane, le Coran ne peut être comparé à aucune des styles connus de la langue arabe, à savoir la poésie et la prose [15]. Taha Husayn [16], éminent littéraire égyptien, a résumé, au cours d’une conférence publique, comment le Coran parvient à cette forme unique :

“Mais vous savez que le Coran n’est pas en prose et qu’il n’est pas non plus en vers. C’est plutôt le Coran, et il ne peut être appelé par un autre nom que celui-ci. Ce n’est pas un ensemble de vers, et cela est clair, car il ne tient pas dans les limites de ce qu’on défini comme un vers. Et ce n’est pas de la prose, car il est défini par des caractéristiques qui lui sont propre, qu’on ne trouve pas ailleurs ; certaines de ces caractéristiques sont liés aux terminaisons de ses versets et d’autres à ce son musical qui lui est propre. Ce n’est donc ni un ensemble de vers ni de la prose, mais c’est “un Livre dont les versets sont parfaits en style et en sens, émanant d’un Sage, Parfaitement Connaisseur“. Nous ne pouvons donc pas dire “de la prose”, et son texte lui-même n’est pas en vers. Il est unique en son genre, et rien de semblable ne l’a jamais précédé ou suivi”[17].

Toute expression de la langue arabe se retrouve dans les formes littéraires de la prose et de la poésie. Il existe d’autres “sous-formes” qui entrent dans les catégories ci-dessus, comme le Kahin, une sous-forme de la prose rimée. Cependant, toutes les formes littéraires peuvent être classées dans la catégorie de la prose ou de la poésie.

Qu’est-ce que la poésie arabe ?

La poésie arabe (ash-shi’r al-‘arabiy) est une forme de discours métrique et rimé [18]. La rime (qafiyah) dans la poésie arabe est obtenue par chaque ligne du poème se terminant sur une lettre spécifique [19]. L’aspect métrique de la poésie arabe est dû à son schéma rythmique (arud). La poésie arabe possède seize mètres appelés “al-Bihar”, qui signifie littéralement “les mers” en arabe. Ce terme a été utilisé pour décrire les divisions rythmiques en raison de la façon dont le poème se meut selon son rythme, tout comme les vagues dans la mer.

Voici une liste des schémas rythmiques, sur laquelle toute la poésie arabe s’appuie ;

at-Tawîl

al-Bassit

al-Wafir

al-Kamil

ar-Rajs

al-Khafif

al-Hazaj

al-Muttakarib

al-Munsarih

al-Muktatab

al-Muktadarak

al-Madid

al-Mujtath

al-Ramel

al-Khabab

as-Saria

Chacun des al-Bihar a un schéma rythmique unique [20]. Les al-Bihar ont été codifiés pour la première fois au 8ème siècle par Khalil ibn Ahmad et ont peu changé depuis. Les al-Bihar sont basés sur la longueur des syllabes. Une syllabe courte est une consonne suivie d’une voyelle courte. Une longue syllabe est une consonne accompagné d’une voyelle suivie d’une consonne sans voyelle ou d’une voyelle longue. Un signe de nounation à la fin d’un mot rend également la dernière syllabe longue. Dans la poésie arabe, chaque ligne de poésie est divisée en deux moitiés.

Vous trouverez ci-dessous des représentation basique des schémas rythmiques que l’on trouve couramment dans la poésie arabe, les syllabes longues sont indiquées par le signe (-) et les courtes par (^). Elles représentent des paires de demi-lignes et doivent être lues de gauche à droite. Les motifs ne sont pas suivis de manière rigide ; deux syllabes courtes peuvent éventuellement être substituées par à une longue.

Tawil

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Kamil

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Wafir

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Rajs

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Hazaj

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Basit

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Khafif

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Saria’

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Un exemple de poésie arabe est l’ancien poème arabe écrit par Abu-l-‘Ata de Sind :

De toi, j’ai rêvé,

pendant que les lances entre nous frémissaient

et une goutte de notre sang avait enivré les arbres fauves

Je ne sais pas, par le ciel je jure

et vrai est le mot que je dis par ce pincement au coeur

est-ce la maladie de l’amour ou un sort de ta part

Si c’est un sort,

alors accorde-moi la grâce de mon amour durable

Si au contraire la maladie est

alors tu ne saurais porter de culpabilité [21].

Ce poème, en arabe original, s’inscrit dans le schéma rythmique d’at-Tawil, l’un des al-Bihar présentés ci-dessus [22].

Une analyse littéraire portée sur n’importe quel poème arabe conclura qu’il y adhère ou est basé sur ces schémas rythmiques. C’est ce que soutient Louis Cheikho, qui a rassemblé des poèmes pré-islamiques et post-islamiques et a conclu que tous les poèmes étaient conformes et basés sur l’un des al-Bihar [23].

En résumé, la poésie arabe est définie par le fait de posséder une :

  • Fin en rime
  • Modèle rythmique syllabique (al-Bihar)

Qu’est-ce que la prose arabe ?

La prose arabe peut être décrite comme un discours non métrique, ce qui signifie qu’elle n’a pas de schéma rythmique cohérent comme la poésie mentionnée ci-dessus. La prose arabe peut être divisée en deux catégories : Saj’, qui est une prose rimée, et Mursal, qui est une prose simple ou ce que certains appellent un “discours normal” [24].

Saj’

Von Denffer dans son livre “Oulum al-Qur’an” : An Introduction to the Sciences of the Qur’an” (Introduction aux sciences du Coran) en donne la description suivante :

Une forme littéraire qui met l’accent sur le rythme et la rime, mais qui se distingue de la poésie. Le saj’ n’est pas vraiment aussi sophistiqué que la poésie, mais a été employé par les poètes arabes, et est la plus connu des prosodies arabes pré-islamiques. Il se distingue de la poésie par son manque de métrique, c’est-à-dire qu’il n’a pas de schéma rythmique cohérent, et il partage avec la poésie l’élément de la rime, bien que dans de nombreux cas, la rime soit employée de façon irrégulière [25].

Bien que le saj’ diffère de la poésie en ce qu’il lui manque un schéma rythmique type, il existe une forme de schéma basé sur l’accentuation présente dans chaque division du saj’ [26]. Ce type de schéma rythmique est basé sur les accentuations plutôt que sur le nombre de syllabes.

En outre, le saj’ se distingue de la poésie et des autres styles de la littérature arabe par son utilisation répétée de procédés rhétoriques. Les procédés rhétoriques sont des dispositifs littéraires et linguistiques destinés à plaire ou à persuader, et diffèrent du discours normal. Les procédés rhétoriques incluent par exemple le son, le rythme, les ellipses et le changement grammatical (iltifaat). Devin J. Stewart, dans l’Encyclopédie du Coran, souligne cette caractéristique du saj’ :

En outre, le saj’ implique régulièrement l’utilisation répétée du parallélisme syntaxique et sémantique, de l’allitération, de la paronomase et d’autres figures rhétoriques [27].

En résumé, le saj’ est défini par le fait qu’il possède un :

  • Schéma rythmique basé sur l’accentuation
  • Des fins en rime
  • Utilisation répétée de procédés rhétoriques

Mursal

Le Mursal peut être défini comme une forme littéraire qui est fluide, mais qui est continue tout au long du texte sans aucune division, que ce soit par des rimes ni de quoi que ce soit d’autre. Le mursal est un mode d’expression proche du parlé quotidien, on l’utilise dans les discours et les prières destinés à encourager ou à motiver les masses.

En résumé, le Mursal est défini par :

  • Pas de schéma rythmique
  • Pas de rime
  • Une ressemblance avec un discours direct

3. Quelle est la forme littéraire du Coran ?

Le Coran a une forme unique. Il ne peut être décrit par aucune des formes littéraires connues [28]. Cependant, en raison des ressemblances entre le saj’ et les premières sourates mecquoises, certains érudits occidentaux décrivent la forme littéraire du Coran comme étant du saj’.

Angelika Neuwirth déclare :

Le Saj’ est complètement abandonné dans les sourates ultérieures où la rime utilise un schéma simple -un/-in – pour marquer la fin de versets assez longs et syntaxiquements complexes… Le style saj’ est donc exclusivement caractéristique des sourates anciennes [29].

Ces érudits qui classent le Coran comme saj’ le font sur la base de la reconnaissance du caractère unique du Coran. Pour illustrer ce point, R. A. Nicholson déclare dans son livre “Literary History of the Arabs” (Histoire littéraire des Arabes) :

Ainsi, en ce qui concerne ses caractéristiques externes, le style du Coran est modelé sur le saj’, ou prose rimée… mais avec une telle liberté qu’on peut à juste titre le qualifier d’original [30].

Bien qu’il y ait eu des tentatives de décrire le Coran comme de la prose rimée (saj’), les érudits occidentaux ont conclu qu’il s’agit d’une forme unique ou originale de saj’, ce qui soutient notre hypothèse.

Pour souligner ce fait, Bruce Lawrence déclare :

Ces passages du Coran qui s’approchent du saj’ échappent encore à tous les efforts uniformistes qui visent à réduire [le Coran] à une forme alternative de saj’ [31].

Il existe trois opinions majeures présente dans l’érudition moderne et classique sur la façon dont le Coran réalise cette forme littéraire unique et cette forme unique de saj’. Voici un résumé des opinions qui seront expliquées en détail plus loin dans cet article :

i. Fusion unique du discours métrique et non métrique

Le Coran réalise cette forme littéraire unique en fusionnant le discours métrique et non métrique. Cette fusion de la composition métrique et non métrique est présente dans l’ensemble du Coran et ne se retrouve dans aucun texte arabe, passé ou présent.

ii. Saj’ coranique

Le Coran partage des caractéristiques similaires à celles du saj’, en particulier dans les premières sourates mecquoises, mais il transcende complètement de nombreux aspects de ce qui définit le saj’, d’où le travail des érudits occidentaux nommant le style coranique comme le “saj coranique”.

Ce qui rend le Coran unique dans ce contexte, c’est :

  • Plus grande tendance à la mono-rime,
  • Rime inexacte,
  • Une plus grande gamme de phrases en saj’
  • Fréquence plus élevée de l’utilisation des procédés rhétoriques.

iii. Variations stylistiques liées au Coran

Des théologiens et des linguistes arabes tels que al-Ash’ari, al-Rummani et al-Baqillani ont affirmé que le Coran ne contient pas de saj’ et est distinct de tous types de saj’. Leur raisonnement est que dans le Coran, l’utilisation de la langue est orientée sémantiquement et sa structure littéraire est distincte, alors que dans le saj’, la conformité au style est un objectif primordial. En outre, le Coran utilise des dispositifs littéraires et linguistiques d’une manière qui n’a jamais été utilisée auparavant et produit un effet communicatif sans égal. Cette utilisation de la langue, appelée variation stylistique ou différences stylistiques, comprend (sans être exhaustif) :

  • Assonance et rime sémantiques,
  • Décalages grammaticaux (iltifaat, en arabe),
  • Corrélation entre le son, la structure et le sens,
  • Choix des mots,
  • Un genre linguistique unique,
  • Ordre des mots.

4. Le Coran est-il de la poésie ?

Le Coran n’est pas de la poésie parce que la totalité de chaque sourate ne se conforme à aucune des al-Bihar et que, dans de nombreux endroits, la rime est inexacte et irrégulière. La sourate al-Kawthar (L’Abondance) est un bon exemple pour montrer qu’il ne s’agit pas de la poésie arabe :

‘Innā ‘A`ţaynāka Al-Kawthara

Faşalli Lirabbika Wa Anĥar

‘Inna Shāni’aka Huwa Al-‘Abtaru

^_^^_^^^

^^^^^^^^^

^^_ ^^_^^^^^

Comme on peut le voir en parcourant le schéma ci-dessus [qui montre les syllabes longues par (-) et courtes par (^), doit être lue de gauche à droite], les syllabes ne correspondent à aucun schéma similaire aux al-Bihar de la poésie arabe. De plus, il n’y a pas de schéma rythmique syllabique dans cette sourate.

Mohammad Khalifa, dans son article “L’auteur du Coran”, conclut justement :

Les lecteurs qui connaissent bien la poésie arabe savent qu’elle se distingue depuis longtemps par ses wazn, bahr, ‘arud et qafiya – des mesures exactes de sons et de rimes syllabiques, qui doivent être strictement respectées, même au détriment de la grammaire et de la nuance de sens parfois. Tout cela est catégoriquement différent du style littéraire coranique [33].

5. Le Coran est-il du Mursal ?

Le Coran se distingue du discours simple. Cela est dû à l’utilisation de la rime, du rythme et des caractéristiques stylistiques uniques qui abondent dans le discours coranique. Le Mursal est simplement un discours normal qui n’utilise aucune des caractéristiques ci-dessus. Une analyse rapide de la sourate al-Kawthar conclura qu’elle ne peut pas être décrite comme un discours normal.

‘Innā ‘A`ţaynāka Al-Kawthara

Faşalli Lirabbika Wa Anĥar

‘Inna Shāni’aka Huwa Al-‘Abtaru

Cette sourate utilise une rime de fin, comme le montrent les lettres de fin en gras et la répétition du “ka” (toi) donne le rythme de la sourate, qui diffère de celui de tous les al-Bihar. Le simple fait de mettre en évidence la rime et le rythme de cette sourate montre clairement qu’il ne s’agit pas d’un discours normal.

6. Le Coran est-il du Saj’ ?

i. Fusion unique du discours métrique et non métrique

Certaines parties du Coran suivent les règles de la poésie, c’est-à-dire que certains versets isolés rentrent dans le schéma rythmique de l’un des al-Bihar [34].

Cependant, lorsque l’on analyse la totalité d’un chapitre du Coran, qui contient certains de ces versets, il n’est pas possible de spécifier son style littéraire. C’est ce que reflète l’extrait suivant tiré du livre “La littérature arabe à la fin de la période Omeyyade” :

Le Coran n’est pas en vers, mais il est rythmé. Le rythme de certains versets ressemble à la régularité du saj’… Mais il a été reconnu par les critiques du Coran comme n’appartenant ni à l’une ni à l’autre catégorie [35].

Le Coran réalise cette forme littéraire unique en fusionnant le discours métrique et non métrique de telle manière que la différence ne peut être perçue[36]. Les exemples suivants l’illustrent :

Certes, les pieux seront dans des jardins avec des sources. « Entrez-y en paix et en sécurité. » Et Nous aurons arraché toute rancune de leurs poitrines: et ils se sentiront frères, faisant face les uns aux autres sur des lits. Nulle fatigue ne les y touchera. Et on ne les en fera pas sortir. Informe Mes serviteurs que c’est Moi le Pardonneur, le Très Miséricordieux et que Mon châtiment est certes le châtiment douloureux. Et informe-les au sujet des hôtes d’Ibrahim (Abraham) quand ils entrèrent chez lui et dirent: « Salâm » -Il dit: « Nous avons peur de vous. » [37].

En lisant l’original arabe du verset ci-dessus, le lecteur passe de la composition métrique à la prose sans subir le moindre changement de style ou de mode [38]. Le même mélange de composition métrique et non métrique peut être observé dans le verset suivant du chapitre 12 du Coran :

Lorsqu’elle eut entendu leur fourberie, elle leur envoya [des invitations,] et prépara pour elles une collation; et elle remit à chacune d’elles un couteau. Puis elle dit: « Sors devant elles, (Yusuf (Joseph) ! ) » -Lorsqu’elles le virent, elles l’admirèrent, se coupèrent les mains et dirent: « À Allah ne plaise ! Ce n’est pas un être humain, ce n’est qu’un ange noble ! »

Elle dit: « Voilà donc celui à propos duquel vous me blâmiez. J’ai essayé de le séduire mais il s’en défendit fermement. Or, s’il ne fait pas ce que je lui commande, il sera très certainement emprisonné et sera certes parmi les humiliés. » [39].

La phrase “Voilà donc celui à propos duquel vous me blâmiez” en arabe correspond à un des mètres des al-bihar. Elle a une structure métrique dans laquelle les règles de la poésie arabe sont observées [40], commentant cette caractéristique Metwali Chaârawi déclare :

Il est presque impossible pour l’auditeur de détecter le passage d’une forme à l’autre, et ce mélange exquis n’empiète pas sur la fluidité de l’expression ni n’altère son sens [41].

Le Coran est vraiment unique dans sa composition. Il n’est ni de la prose ni de la poésie. Un aspect de cette forme unique est obtenu en fusionnant la composition métrique et non métrique. Ce point de vue est également soutenu par le célèbre spécialiste de la littérature arabe Arthur J. Arberry :

Car le Coran n’est ni prose ni poésie, mais une fusion unique des deux [42]

ii. Le saj’ coranique

Il a déjà été dit plus haut que certains orientalistes décrivent la langue du Coran comme une prose rimée en raison des similitudes entre le saj’ et les premières sourates mecquoises. Cependant, il est évident que ces chercheurs continuent de présenter le Coran comme une forme unique de prose rimée. Devin J. Stewart qui est l’un des seuls spécialistes occidentaux à discuter de la forme littéraire du Coran et à souligner les différences formelles entre le saj’ et, ce qu’il appelle, saj’ coranique conclut :

L’analyse entreprise dans cette étude permet de faire quelques observations préliminaires sur les différences formelles dans entre le saj’ coranique… [43]

Les caractéristiques qui rendent le Coran unique, dans le contexte de la discussion du saj’, sont :

a. Plus grande tendance à la mono-rime

Le Coran diffère du saj’ par son utilisation de la mono-rime, ce qui signifie que son schéma de rimes se conforme à un nombre limité de rimes plutôt qu’à une sélection de nombreuses rimes. Selon une analyse, un peu plus de 50 % de l’ensemble du Coran se termine par la même lettre [44]. Cette utilisation particulière de la rime, dans un texte de la taille du Coran, n’a été reproduite dans aucun texte arabe. Devin J. Stewart déclare :

Le saj’ coranique” a une tendance beaucoup plus grande à la mono-rime que le saj’ classique. L’utilisation d’un nombre limité de rimes… est prédominante dans le Coran alors que la rime dans le saj’ classique présente une plus grande variation [45].

b. Rime inexacte

La caractéristique générale du saj’ est qu’il possède une rime de fin. Cependant, le Coran ne se conforme pas à une rime constante ou exacte, comme cela est mis en avant dans le travail de ar-Rummani [46] qui déclare que l’utilisation du langage du Coran est orientée sémantiquement et ne se conforme pas à un style particulier. Cela reflète également l’analyse de Devin J. Stewart, déclare-t-il :

Le Coran permet des rimes inexactes qui ne se retrouvent pas dans les saj’ classique [47].

c. Plus grande variété de divisions

Les divisions du saj’ ou les lignes du saj’ sont appelées saj’aat [48]. Le Coran diffère du saj’ normal car il comporte une plus grande gamme de saj’aat courtes et longues. Selon Devin J. Stewart :

Tant dans le Coran que dans le saj’ classique, nous constatons que les saj’aat courtes sont beaucoup plus courantes, mais la gamme présente dans le Coran est plus grande [49].

d. Fréquence plus élevée de l’usage de procédés rhétoriques

Le Coran est une “mer de rhétorique”. Le Coran présente une fréquence de procédés rhétoriques inégalée, surpassant tout autre texte arabe, classique ou moderne [50]. L’utilisation de la rhétorique dans le Coran se distingue de tout autre type de discours [51].

Une analyse approfondie du Coran peut mettre en évidence un large éventail et une grande fréquence de l’utilisation des procédés rhétoriques. Il s’agit d’un sujet complexe qui nécessite une analyse plus détaillée, cependant pour mettre en évidence le caractère unique du Coran, la liste suivante a été fournie pour montrer que le Coran emploie plus de procédés rhétoriques que tout texte en saj’ ; passé ou présent.

Analogie (par exemple, voir Coran 88:15-16 et 93:9-10)

Allitération (par exemple, voir Coran 33:71 et 77:20)

Antiphrase (par exemple, voir Coran 44:49)

Antithèse (par exemple, voir Coran 35:7 et 9:82)

Asyndéton (par exemple, voir le Coran 13:2)

Assonance (par exemple voir Coran 88:25-26 et 88:14-15)

Cadence – Elle est présente dans tout le Coran, c’est un élément rhétorique majeur qui est une caractéristique inimitable du Coran. Le discours coranique utilise l’assonance pour délivrer toutes les caractéristiques rhétoriques tout en employant l’utilisation de nombreuses caractéristiques phonétiques telles que l’assimilation, la nasalisation, etc. Aucun autre texte n’a fait cela auparavant, surtout à une telle fréquence.

Chiasme (voir par exemple le Coran 3:27)

Épizeuxe (voir par exemple le Coran 94:5-6)

Équivoque (Voir par exemple le Coran 24:43)

Homonymie (voir par exemple Coran 2:14-15 et 3:54)

Hyperbole (voir par exemple le Coran 7:40, 33:10 et 39:71-72)

Isocolon (voir par exemple 65:7-10)

Métaphore (voir par exemple 19:4 et 21:18)

Métonymie (voir par exemple 54:13 et 6:127)

Parenthèses (voir par exemple Coran 7:42 et 4:73)

Polyptote (voir par exemple le Coran 80:25-26)

Questions rhétoriques (voir par exemple Coran 55:60 et 37:91-92)

L’emphase (voir par exemple le Coran 29:62 et 3:92)

Synecdoque (voir par exemple le Coran 90:12-13)

Le “saj” a été caractérisé par un usage concentré de procédés rhétoriques. En raison de la portée particulière et de la fréquence accentuée de ces procédés dans le Coran, il diffère complètement du saj’.

7. Variations stylistiques présentent dans le Coran

Que signifie variations stylistiques ?

La stylistique est une branche de la linguistique qui étudie les caractéristiques des variétés de langue dans une situation, un contexte et un sens donnés. La stylistique tente également de développer des principes pour expliquer les choix particuliers faits par l’auteur [52].

Une variation stylistique est l’utilisation de différentes caractéristiques du langage de multiples façons. Pour illustrer cela, prenez les deux versets coraniques suivants qui sont structurellement identiques mais stylistiquement distincts :

Voilà les limites fixées par Allah : ne vous en approchez donc pas (pour les transgresser) [53]

Voilà les limites fixées par Allah : ne les transgressez donc pas. [54]

Le premier verbe “approcher” s’inscrit dans le contexte d’une interdiction très grave, mentionné précédemment (dans le verset), “Mais ne cohabitez pas avec elles pendant que vous êtes en retraite rituelle dans les mosquées.” [55].

Le deuxième verbe “transgresser” du deuxième verset sous-entend plus de flexibilité signifiée par les conjonctions présentent dans les phrases précédentes “soit” et “ou” [56] :

Le divorce est permis pour seulement deux fois. Alors, c’est soit la reprise conformément à la bienséance, ou la libération avec gentillesse.

Dans le contexte de la variation stylistique, l’exemple ci-dessus peut fournir des preuves pour soutenir l’opinion selon laquelle le Coran utilise des mots et des phrases de manière méticuleuse pour présenter un sens précis et mesuré.

En quoi ces variations stylistiques sont-elles propres au Coran ?

Le Coran atteint sa forme littéraire unique en dépassant l’utilisation habituelle du saj’. S. M. Hajjaji-Jarrah dans son article “L’enchantement de la lecture : Sound, Meaning, and Expression in Surat Al-Adiyat”, qui examine comment le Coran atteint son caractère unique en raison de différences stylistiques, déclare

…l’arabe coranique produit un assemblage éblouissant de sens et de sons qui défient à la fois les conventions du saj’ arabe et les règles littéraires de la littérature arabe classique [57].

Dans son article, elle explique en détail comment l’utilisation unique du style, de la structure et du son du Coran place le saj’ dans un nouveau contexte littéraire [58], mais les différences stylistiques du Coran ne se limitent pas aux éléments qu’elle décrit. De nombreux éléments stylistiques utilisés dans le Coran sont responsables de son caractère unique [59]. Il existe une myriade de façons dont le Coran utilise un langage qui est sans précédent dans tout discours arabe, parmi lesquelles :

  • Assonance et rime à orientation sémantique [60].
  • Iltifaat : Décalages grammaticaux [61]
  • Corrélation entre le son, la structure et le sens [62]
  • Un genre linguistique unique [63]
  • Ordre des mots


Les exemples suivants fournissent des preuves linguistiques et littéraires de la distinction stylistique du Coran :

Exemple 1 : Ordre des mots, son et sens

La phrase suivante est un exemple de la manière dont le Coran combine les mots, les sons, le sens et l’ordre pour atteindre son objectif communicatif ; le résultat en est une rhétorique sublime [64] , une éloquence insurpassable et une forme littéraire unique :

Wa ‘Anzala At-Tawrāata Wa Al-‘Injīla Min Qablu Hudáan Lilnnāsi Wa ‘Anzala Al-Furqāna

Et Il fit descendre la Thora et l’Évangile auparavant, en tant que guide pour les gens. Et Il a fait descendre le Discernement. [65]

Un autre ordre possible aurait été :

Wa ‘Anzala At-Tawrāata Wa Al-‘Injīla Wa Al-Furqāna Min Qablu Hudáan Lilnnāsi

Cet arrangement alternatif a quelques défauts. Tout d’abord, le second arrangement manque de rythme, par rapport à la structure coranique, et il est phonétiquement inférieur. Deuxièmement, cet arrangement a entraîné une perturbation du sens. Cela est dû au fait que le mot clé “anzala” (révélé) a été retiré et que le dernier mot “alfurqana” (le Critère), dont la position a une valeur sémantique cruciale, a été placé au milieu de la phrase.

La répétition du mot “anzala” et le placement du mot “alfurqana” sont des dispositifs essentiels employés pour renforcer l’effet communicatif, psycholinguistique et rhétorique. La répétition du mot “anzala” confirme la révélation du Discernement (autre nom du Coran) et le fait qu’il s’agit bien d’une écriture divine, tandis que le placement du mot “alfurqana” à la fin de la phrase confirme que le Discernement est la dernière et ultime révélation [66]. Ata fait référence à des exemples comme ceux-ci comme étant “la composition chimique du Coran” [67] qui indiquent la variation stylistique délicate et équilibrée du Coran [68].

Exemple 2 : Décalage grammatical (iltifaat)

Le professeur Abdel Haleem dans son article “Grammatical Shift for Rhetorical Purposes : Iltifat and Related Features in the Qur’an” (article que je traduirai sous peu in shâ Allah) [69] a attiré l’attention sur le fait qu’une autre caractéristique inimitable du Coran est l’utilisation étendue des décalages grammaticaux. Cette caractéristique est un dispositif rhétorique efficace qui améliore l’expression littéraire des textes et renforce la puissance communicatif[70] ; c’est un élément spécifique et longuement étudié de la rhétorique arabe. On peut trouver des détails sur le sujet dans les livres de balagha (rhétorique arabe) de al-Athir, Suyuti et Zarkashi [71].

Ces décalages grammaticaux consistent en des changements de personne, de nombre, de destinataire, de temps, de marqueur de cas, l’utilisation d’un nom à la place d’un pronom et bien d’autres changements (au sein même d’une phrase, des exemples seront donnés plus tard) [72]. Le texte passe de parler de Dieu à la troisième personne, à parler de Dieu lui-même à la première personne du pluriel :

Il n’y a rien de bon dans la plus grande partie de leurs conversations secrètes, sauf si l’un d’eux ordonne une charité, une bonne action, ou une conciliation entre les gens. Et quiconque le fait, cherchant l’agrément d’Allah, à celui-là Nous donnerons bientôt une récompense énorme [73].

Au lieu de dire “Il lui donnera…” Dans cet exemple, Dieu parle au pluriel de majesté pour donner sa garantie personnelle de récompenser ceux qui font les actions positives mentionnées dans le verset ci-dessus. Un autre exemple de ce changement soudain de personne et de nombre est exposé dans le verset suivant :

C’est Lui qui vous fait aller sur terre et sur mer, quand vous êtes en bateau. [Ces bateaux] les emportèrent, grâce à un bon vent. Ils s’en réjouirent jusqu’au moment où, assaillis par un vent impétueux, assaillis de tous côtés par les vagues, se jugeant enveloppés [par la mort], ils prièrent Allah, Lui vouant le culte [et disant]: « Certes, si Tu nous sauves de ceci, nous serons parmi les reconnaissants ! »

Lorsqu’Il les a sauvés, les voilà qui, sur terre, transgressent injustement. Ô gens ! Votre transgression ne retombera que sur vous-mêmes. C’est une jouissance temporaire de la vie présente. Ensuite, c’est vers Nous que sera votre retour, et Nous vous rappellerons alors ce que vous faisiez. [74]

Neal Robinson dans son livre “Discovering the Qur’an : A Contemporary Approach to a Veiled Text”, explique ce verset :

À première vue, cela peut sembler désespérément confus, mais les trois changements pronominaux consécutifs sont tous parfaitement logiques. Le passage de la deuxième personne du pluriel à la troisième personne du pluriel rend objectif le point de vue de ceux qui sont adressés et leur permet de se voir comme Dieu les voit, et de reconnaître combien leur comportement est ridicule et hypocrite. Le retour à la deuxième personne du pluriel marque le retour de Dieu pour les avertir. Enfin, le passage de l’orateur de la troisième personne du singulier à la première personne du pluriel exprime sa majesté et sa puissance, ce qui est approprié compte tenu de l’allusion à la résurrection et au jugement [75].

Ces changements contribuent au style dynamique du Coran. Il s’agit d’une caractéristique stylistique évidente et d’une pratique rhétorique acceptée. Le Coran utilise cette caractéristique de manière à se conformer au thème du texte (motivé par la sémantique) tout en renforçant l’impact du message qu’il transmet. Il n’est pas surprenant que Neal Robinson ait conclu que les décalages grammaticaux utilisés dans le Coran :

…sont un instrument rhétorique très efficace [76].

Le Coran est la seule forme de prose arabe à avoir utilisé ce dispositif rhétorique de manière extensive et complexe. Abdel Haleem déclare :

…il (le Coran) emploi cette caractéristique de manière beaucoup plus étendue et variée que ne le fait la poésie arabe. Il est donc naturel que personne ne semble citer d’exemples de ce procédé rhétorique ailleurs que dans le Coran [77].

Le Coran est stylistiquement distinct de toute forme connue de discours arabe. Il utilise des dispositifs linguistiques et littéraires d’une manière qui n’a jamais été utilisée auparavant.

8. Conclusion

L’exception littéraire est-elle basée sur des critères subjectifs ?

Certains critiques du Coran prétendent souvent que la contestation coranique est subjective et qu’elle est basée sur des critères esthétiques. C’est une fausse accusation. Le Coran peut être décrit comme étant ni de la prose, ni de la poésie mais comme étant unique. Son exception littéraire n’est pas basée sur des critères esthétiques, mais sur les caractéristiques structurelles du texte. On voit clairement ci-dessus que les formes littéraires sont définies et peuvent être distinguées les unes des autres.

Le Coran est unique

Le Coran est une forme unique du discours arabe. La forme de son langage ne peut être présenté comme de la prose ou de la poésie. Il réalise cette forme littéraire unique en :

  • Mêlant discours métrique et non métrique
  • Transcendant les caractéristiques du saj’
  • Utilisant des dispositifs littéraires et linguistiques qui le rendent stylistiquement distinct


La totalité de chaque chapitre possède son caractère spécial, avec sa forme unique, et son utilisation unique des dispositifs littéraires. Ces caractéristiques du Coran expliquent en partie pourquoi il n’a pas été imité à ce jour [78]. Le très célèbre professeur et arabisant Hamilton Gibb déclare :

…les Mecquois exigeaient toujours de lui un miracle, et avec une audace et une confiance en soi remarquables, Mohammed appelait au Coran en lui-même comme confirmation suprême de sa mission. Comme tous les Arabes, ils étaient LES connaisseurs de la langue et de la rhétorique. Alors, si le Coran était sa propre composition, d’autres hommes devraient pouvoir rivaliser avec lui. Qu’ils produisent dix versets comme lui. S’ils ne le peuvent pas (et il est évident qu’ils ne le peuvent pas), alors qu’ils acceptent le Coran comme un miracle évident et exceptionnel [79].

De nombreux érudits musulmans et non musulmans témoignent que le Coran est en effet unique et inimitable. Une analyse intéressante et utile d’Aisha Abd al-Rahman intitulée “At-Tafsir al-Bayani li-Qur’an al-Karim”, qui s’est appuyée sur les travaux de nombreux érudits musulmans au fil des décennies, soutient la conclusion de Taha Hussein selon laquelle “la composition arabe devrait être divisée en trois catégories, prose, verset et Coran, le saj’ faisant partie de la prose mais le Coran étant une catégorie à part entière”[80].

Les recherches menées dans le cadre d’une étude des sources occidentales et musulmanes nous ont permis de conclure que le Coran est une forme littéraire unique. Des recherches plus approfondies sur les références ci-dessous permettront de consolider les points soulevés dans cet article et de comprendre correctement comment personne n’a été capable de produire quelque chose de semblable au discours coranique. Le professeur Bruce Lawrence affirme à juste titre :

En tant que signes tangibles, les versets coraniques expriment une vérité inépuisable, ils présentent des sens qui se superposent, lumière sur lumière, miracle après miracle [81].

Et Allah est plus savant.

Auteur de l’article : Hamza Tzortzis
Traducteur : Hud Ash-Schiliki


Références

[1] Coran, chapitre 96, verset 1. Ce verset est connu pour avoir été la première révélation, il y a un consensus parmi les érudits sur cette question.

[2] Voir Martin Lings. Muhammad : Sa vie basée sur les sources les plus anciennes. 1987. Inner Traditions ; pour un compte-rendu détaillé de la vie du prophète Muhammad et des détails de la première révélation.

[3] Le Coran est sans aucun doute le livre le plus influent de la littérature arabe. Les érudits non-musulmans et musulmans ne nient pas que le Coran fasse autorité dans la littérature arabe et qu’il ait eu une influence sans précédent. Par exemple, Wadad Kadi, de l’université de Chicago, et Mustansir Mir, professeur d’études islamiques à l’université d’État de Youngstown, affirment que :

“Bien que l’arabe, en tant que langue et tradition littéraire, ait été assez bien développé à l’époque de l’activité prophétique de Mohammed, ce n’est qu’après l’émergence de l’Islam, avec ses écritures fondatrices en arabe, que la langue a atteint sa plus grande capacité d’expression, et la littérature son point culminant de complexité et de sophistication. En effet, il n’est probablement pas exagéré de dire que le Coran a été l’une des forces les plus remarquables dans l’élaboration de la littérature arabe classique et post-classique”. Wadad Kadi et Mustansir Mir, Literature and the Qur’an, Encyclopedia of the Qur’an, vol. 3, pp. 213, 216. Voir également Muhammed Abdel Haleem. 1999. Comprendre le Coran : Thèmes et styles. I. B.Tauris Publishers, p. 1 -4

[4] Comprendre le Coran : Thèmes et styles, p. 1

[5] Le Coran est un livre qui donne des conseils sur toutes les questions de la vie. Cela inclut la sphère personnelle et politique, par exemple le Coran détaille la manière dont les traités avec d’autres nations doivent être conclus et comment les prisonniers de guerre doivent être traités (Comprendre le Coran : Thèmes & Styles, p. 66-67)

[6] K. Armstrong. 1993. Une histoire de Dieu : la quête de 4 000 ans du judaïsme, du christianisme et de l’islam. Vintage, p. 171

Une partie du miracle intellectuel du Coran est sa forme littéraire. Dieu a mis au défi l’ensemble de l’humanité d’essayer de produire un seul chapitre comme celui-ci (Coran 2:23). Ce défi, qui n’a pas été relevé, est ce qui a captivé l’esprit des Arabes au moment de la révélation. Ils ont rationnellement estimé que si un Arabe ne peut pas contester le Coran et qu’un non-Arabe ne le peut pas, alors la seule “entité” qui aurait pu produire le Coran est le Créateur. Margoliouth explique les résultats de ce renouveau intellectuel :

“Le Coran [sic] occupe, il est vrai, une place importante parmi les grands livres religieux du monde. Bien qu’il soit le plus jeune des ouvrages de ce style de littérature qui fasse date, il n’est pas en reste quand il s’agit de l’effet merveilleux qu’il a produit sur une grande masse d’hommes. Cela a créé une phase de la pensée humaine tout à fait nouvelle et un nouveau type de caractère. Il a d’abord transformé un certain nombre de tribus hétérogènes du désert de la péninsule arabique en une nation de héros, puis elle a procédé à la création des vastes organisations politico-religieuses du monde mohammedien qui est l’une des grandes forces que l’Europe et l’Orient doit prendre en compte aujourd’hui”. G. Margoliouth. 1977. Introduction à l’ouvrage de J.M. Rodwell, The Koran. La bibliothèque de tous les hommes, p. vii

[8] Pour comprendre les fonctions et les objectifs de cet État, ainsi que son impact sur le monde moderne, veuillez consulter le site très informatif www.caliphate.eu

[9] Coran, chapitre 2, verset 23

[10] Coran, chapitre 52, versets 33-34

[11] Voir Tafsir Ibn Kathir ; Tafsir al-Qurtubi ; Tafsir al-Jalalayn et Ma’riful Qur’an du Mufti Mualana Shafi.

[12] Voir l’Encyclopédie de l’Islam, 1971, volume 3, E J Brill, Leiden, p. 1019 ; A F L Beeston, T M Johnstone, R B Serjeant et G R Smith (Ed.), Arabic Literature To The End Of The Ummayyad Period, 1983, Cambridge University Press, p. 212 & 127-128 ; Gustave E Von Grunebaum, A Tenth-Century Document Of Arabic Literary Theory and Criticism, 1950, The University of Chicago Press, Chicago, p. xiv ; Abdul Aleem, I’jaz ul Qur’an, 1933, Islamic Culture, Volume VII, Hyderabad Deccan, p. 221 & 232 ; Ignaz Goldziher, Ed. S M Stern, Muslim Studies (Muhammedanische Studien) II, 1971, George Allen & Unwin Ltd, Londres, p. 363.

[13] Voir Stephen S. Bilynskyj, “God, Nature, and the Concept of Miracle” (Ph.D. Diss. : Notre Dame, 1982) 10-42 et The Problem of Miracles : Une perspective historique et philosophique. Dr William Lane Craig. Disponible en ligne.

[14] Cette question sera examinée en détail dans un prochain article. En outre, cet argument dépend de la compréhension qu’une entité surnaturelle existe réellement. L’existence de Dieu, ou la cause de l’univers, est une condition préalable à cette discussion. Voir William Lane Craig. L’argument cosmologique de Kalam. Wiqpf et Stock Publishers ; Alister McGrath. L’illusion de Dawkins. SPCK ; Alister McGrath. Le crépuscule de l’athéisme. Rider ; William Lane Craig et Walter Sinnot-Armstrong. Dieu : Un débat entre un chrétien et un athée. Oxford University Press et Keith Ward. Dieu, chance et nécessité. Un seul monde. (nous ne traduirons pas cet article in shâ Allah)

[15] Voir ‘Abd al-Jabbar. I’jaz al-Qur’an. Le Caire. 1960, p. 224 ; Ali Ibn Isa al-Rummani. Thalath Rasa’il Ijaz al-Qur’an. Ed. M. Khalaf Allah & M. Sallam, Le Caire. 1956, p. 97-98 ; Hamd Ibn Muhammad al-Khatibi. Al-Bayan fi I’jaz al-Qur’an. Ed. Dr ‘Abd al-Alim, Université musulmane, Aligarh, Inde. 1953, p. 36 ; Abu Bakr Muhammad Ibn Tayyib Baqillani. Al-I’jaz al-Qur’an. Ed. A. Saqr, Dar al-Ma’arif, Eqypt pp 86-89 ; A’isha ‘Abd Ar-Rahman Bint ash-Shati’. At-Tafsir al-Bayani li-Qur’an al-Karim, 3e éd. Le Caire, 1968 ; Arthur J Arberry. 1998. Le Coran. Oxford University Press, p. x ; Bruce Lawrence. Journal d’études coraniques. Vol VII, numéro I 2005. Approximating Saj’ in English Renditions of the Qur’an : A Close Reading of Suran 93 (al-Duha) and the basmala p. 64.

[16] L’influent Litterateur égyptien né en 1889 et mort en 1973.

[17] Conférence intitulée “La prose aux deuxième et troisième siècles après la Hijra” donnée à la Société géographique au Caire en 1930. Dar al Ma-arif.

[18] La parole métrique est une forme de discours qui utilise un schéma rythmique strict, c’est-à-dire qu’elle suit une sorte de mètre poétique.

[19] Sir Charles J. Lyall. 1930. Traductions de la poésie arabe ancienne. Columbia University Press, p. xlv

[20] Voir Sir Charles J. Lyall. Traductions de la poésie arabe ancienne, p. xlv-lii et William Wright. 1955 (1898). Une grammaire de la langue arabe, vol. II, partie 4. Cambridge University Press, p. 350-390 pour plus d’informations sur les mètres poétiques.

[21] Sir Charles J. Lyall. Traductions de la poésie arabe ancienne, p. 13.

[22] Ibid.

[23] Voir Louis Cheikho, Shu’ara’ ‘al-Nasraniyah, 1890-1891, Beyrouth.

[24] Devin J Stewart. Saj’ dans le Coran : Prosodie et structure, dans le Coran : Concepts critiques dans les études islamiques. Edité par Colin Turner, Vol. II.

[25] A. Von Denffer. 2003 (Ed. révisée 1994). Oulum al-Qur’an : Une introduction aux sciences du Coran. L’Islam Fondation, p. 75

[26] Devin J Stewart. Saj’ dans le Coran : Prosodie et structure.

[27] Stewart, Devin J. “Prose rimée”. Encyclopédie du Coran. Rédacteur en chef : Jane Dammen McAuliffe, Georgetown Université, Washington DC. Brill, 2008

[28] Voir aussi le professeur Abd al-Rahman Ali Muhammad Ibrahim. La structure littéraire du verset coranique. Arabe coranique Fondation. 2005.

[29] Neuwrith, Angelika. “La rhétorique et le Coran”. Encyclopédie du Coran. Rédacteur en chef : Jane Dammen McAuliffe, Université de Georgetown, Washington DC. Brill, 2008.

[30] R. A. Nicholson. 1930. Histoire littéraire des Arabes. Cambridge University Press, p. 159

[31] Bruce Lawrence. Journal d’études coraniques. Vol VII, numéro I 2005. Approximating Saj’ in English Renditions of the Qur’an : A Close Reading of Suran 93 (al-Duha) and the basmala p. 64

[32] Voir ‘Abd al-Jabbar. I’jaz al-Qur’an. Le Caire. 1960, p. 224 ; Ali Ibn Isa al-Rummani. Thalath Rasa’il Ijaz al-Qur’an. Ed. M. Khalaf Allah & M. Sallam, Le Caire. 1956, p. 97-98 ; Hamd Ibn Muhammad al-Khatibi. Al-Bayan fi I’jaz al-Qur’an. Ed. Dr ‘Abd al-Alim, Université musulmane, Aligarh, Inde. 1953, p. 36 ; Abu Bakr Muhammad Ibn Tayyib Baqillani. Al-I’jaz al-Qur’an. Ed. A. Saqr, Dar al-Ma’arif, Eqypt pp 86-89 ; A’isha ‘Abd Ar-Rahman Bint ash-Shati’. At-Tafsir al-Bayani li-Qur’an al-Karim, 3e éd. Le Caire, 1968.

[33] Mohammad Khalifa. L’auteur du Coran dans le Coran : Concepts critiques dans les études islamiques. Edité par Colin Turner, Vol. I, p.129

[34] Kristina Nelson. 1985 (2e édition 2002). L’art de réciter le Coran. The American University in Cairo Press, p. 10

“Bien que certaines des lignes du Coran puissent être calqués selon les mètres de l’arabe classique*, elles ne sont pas aussi caractéristiques des schémas rythmiques syllabiques coraniques que le sont les changements brusques ou progressifs des schémas rythmiques et de la longueur des lignes, et les changements entre les schémas réguliers et irréguliers”. * Voir al-Sa’id (1997 : 324 – 25) et al-Suyuti (1910 : I/96 – 105) pour une liste de certaines de ces lignes.

[35] A F L Beeston, T M Johnstone, R B Serjeant et G R Smith (éditeurs), Arabic Literature To The End Of The Ummayad Period, 1983, Cambridge University Press, p. 34.

[36] Mitwalli al-Sharawi, Les miracles du Coran. Dar ul Taqwa, p. 31

[37] Coran, chapitre 15, versets 45-52

[38] Les miracles du Coran, p. 31

[39] Chapitre 12 du Coran, versets 31-35

[40] Les miracles du Coran, p. 31

[41] Ibid, p. 32

[42] Arthur J Arberry. 1998. Le Coran. Oxford University Press, p. x

[43] Devin J Stewart. Saj’ dans le Coran : Prosodie et structure, p.102

[44] Dr. Adel M. A. Abbas, Anne P. Fretwell, Science Miracles, No Sticks or Snakes (Beltsville, Maryland, USA : Amana Publications : 2000)

[45] Devin J Stewart. Saj’ dans le Coran : Prosodie et structure, p.102

[46] Ali Ibn Isa al-Rummani. Thalath Rasa’il Ijaz al-Qur’an. Ed. M. Khalaf Allah & M. Sallam, Le Caire. 1956, p. 97-98

[47] Ibid

[48] Ibid p. 84

[49] Ibid p. 90

[50] Voir H, Abdul-Raof. 2003. Exploring the Qur’an. Al-Maktoum Institute Academic Press, p. 265-398 ; H. Abdul-Raof. 2000. Traduction du Coran : Discours, texture et exégèse. Curzon Press, p 95-137 ; F. Esack. 1993. L’herméneutique coranique : Problèmes et perspectives. The Muslim World, Vol. 83, No. 2. p. 126 -128.

[51] Ibid.

[52] Hussein Abdul-Raof. Stylistique coranique : A Linguistic Analysis. Lincolm Europa. 2004, p. 9.

[53] Coran, chapitre 2, verset 187

[54] Coran, chapitre 2, verset 229

[55] Coran, chapitre 2, verset 187

[56] Hussein Abdul-Raof. Stylistique coranique : Une analyse linguistique, p 91-92

[57] S. M. Hajjaji-Jarrah. 2000. L’enchantement de la lecture : Sound, Meaning, and Expression in Surat Al-Adiyat. Curzon Press, p. 229

[58] Ibid, p. 228

[59] Voir Hussein Abdul-Raof. Stylistique coranique : Une analyse linguistique. Lincolm Europa. 2004 ; Le Coran : An Encyclopeadia. Édité par Oliver Leaman. “Qur’anic Style”. Routledge ; et Hamza Andreas Tzortzis, Three Lines that Changed the World : The Inimitability of the Surah al-Kawtar (disponible sur www.theinimitablequran.com) pour une analyse détaillée.

[60] Voir al-Hassan al-‘Askari (ed. Mufid Qamima). 1981. Kitab al-Sina-‘atayn : al-Kitaba wa ‘l-Shi’r. Beyrouth : Dar al-Kutub al-‘Ilmiyya, p. 285

[61] Muhammed Abdel Haleem. 1999. Comprendre le Coran : Thèmes et styles. I. B.Tauris Publishers, p. 184-210 et Neal et Neal Robinson. 1996. Discovering The Qur’an (Découvrir le Coran) : A Contemporary Approach To A Veiled Text (Découvrir le Coran : une approche contemporaine d’un texte voilé). SCM Press Ltd, p. 245-252

[62] Sayyid Qutb. 1966. al-Taswir al-Fanni fi al-Qur’an. Le Caire : Dar al-Ma’arif, Sayyid Qutb. 1966. Mashahid al-Qiyama fi ‘l-Qur’an. Le Caire : Dar al-Ma’arif, Michael Sells. 1991. Esprit sain et genre dans la sourate al-Qadr. Journal of the American Oriental Society 111, 2 p. 239-259, M. Sells. Sound and Meaning in Surat Al-Qariah in Arabica Vol 40, et M. Sells. 2000. Une approche littéraire des sourates hymniques du Coran : Spirit, Gender and Aural Intertextuality. Curzon Press, p. 3-25.

[63] Hamza Andreas Tzortzis. Le Genre unique du Coran. Peut être consulté sur www.theinimitablequran.com.

[64] Pour plus d’informations sur les caractéristiques rhétoriques du discours coranique, voir H, Abdul-Raof. 2003. Exploring the Qur’an. Al-Maktoum Institute Academic Press, p. 265-398 ; H. Abdul-Raof. 2000. Traduction du Coran : Discours, texture et exégèse. Curzon Press, p 95-137 ; F. Esack. 1993. L’herméneutique coranique : Problèmes et perspectives. The Muslim World, Vol. 83, No. 2. p. 126 -128.

[65] Coran, chapitre 3, versets 3-4

[66] L’architecture linguistique du Coran. Hussein Abdul-Raof. Journal d’études coraniques. Vol. II, numéro II, 2000, p. 39

[67] “Abd al-Qadir Ahmad ‘Ata, ‘Wujuh i’jaz al-Qur’an, in Mahmoud ibn Hamza al-Karmani (ed.), Asrar al-tikrar fi’l-Qur’an (Le Caire : Dar al-I’tisam, 1977), p. 243-63

[68] Voir aussi al-Suyuti, Abu ‘l-Fadl Jalal al-Din, Mu’tarak al-aqran fi i’jaz al-Qur’an (Beyrouth : Dar al-Kutub al-‘Ilmiyya, 1988), Vol. 1 p 128ff

[69] Muhammed Abdel Haleem. 1999. Comprendre le Coran : Thèmes et styles. I. B.Tauris Publishers, p. 184-210

[70] Ibid. Voir H, Abdul-Raof. 2003. Exploring the Qur’an. Al-Maktoum Institute Academic Press et H. Abdul-Raof. 2000. Traduction du Coran : Discours, texture et exégèse. Curzon Press.

[71] Muhammed Abdel Haleem. 1999. Comprendre le Coran : Thèmes et styles, p. 184-210

[72] Ibid.

[73] Chapitre 4 du Coran, verset 114

[74] Chapitre 10 du Coran, verset 22

[75] Neal Robinson. 2004. Découvrir le Coran : Une approche contemporaine d’un texte voilé. Georgetown University Press.

[76] Ibid.

[77] Muhammed Abdel Haleem. 1999. Comprendre le Coran : Thèmes et styles, p. 184-210

[78] Voir l’Encyclopédie de l’Islam, 1971, volume 3, E J Brill, Leyde, p. 1019 ; A F L Beeston, T M Johnstone, R B Serjeant et G R Smith (Ed.), Arabic Literature To The End Of The Ummayyad Period, 1983, Cambridge University Press, p.212 & 127-128 ; Gustave E Von Grunebaum, A Tenth-Century Document Of Arabic Literary Theory and Criticism, 1950, The University of Chicago Press, Chicago, p. xiv ; Abdul Aleem, I’jaz ul Qur’an, 1933, Islamic Culture, Volume VII, Hyderabad Deccan, p. 221 & 232 ; Ignaz Goldziher, Ed. S M Stern, Muslim Studies (Muhammedanische Studien) II, 1971, George Allen & Unwin Ltd, Londres, p. 363.

[79] H. A. R. Gibb. 1980. Islam : A Historical Survey. Oxford University Press, p. 28

[80] Saj’ en anglais Renditions of the Qur’an : Une lecture attentive de la sourate 93 (al-Duha) et de la basmala p. 64

[81] Bruce Lawrence. Le Coran : Une biographie. Atlantic Books, p 8.

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