Le danger de l’école publique

APPRENDRE EN NÉGATIF

 

Mohammed Amin, jeune élève de 6ème, est issu d’une famille où l’islam est relativement présent, une famille lambda où on prie, on jeûne, on envoie ses enfants mémoriser le coran…

Pourtant, il réagit au quart de tour quand on lui dit qu’Allah soubhanah wa ta’ala nous a crée d’argile en rétorquant avec aplomb et assurance:

“Non, c’est de la mythologie!”

Pour comprendre sa réaction, c’est du côté de son programme scolaire qu’il faut regarder.

En 6ème, le programme de français aborde les “Récits de création”. On y étudie pèle-mêle le Livre de la Genèse, l’Épopée de Gilgamesh, Les Métamorphoses d’Ovide, des extraits du Coran… L’idée étant d’inculquer à l’élève des références mythologiques et religieuses, indispensables à la culture littéraire française.

Les religions et mythologies sont ainsi mises sur le même plan, abordées comme des faits historiques, comme l’expression de la production humaine à différents moments de l’histoire, comme un panel de croyances presque interchangeables. On comprends indirectement que tous les discours se valent et qu’aucun d’entre eux n’est supérieur ou véridique. Ainsi la Vérité n’existe pas. La seule chose qui est présentée comme vraie, c’est qu’il n’y a pas de Vérité absolue, qu’un même récit, aussi fondamental soit-il, peut avoir plusieurs narrateurs et plusieurs versions.

En les mettant sur un pied d’égalité à travers des exercices de comparaisons, on met en œuvre une forme de pédagogie redoutable, bien plus performante qu’une transmission de savoir explicite. Cet enseignement fait comprendre ce qu’il ne dit pas, sous entend plus qu’il ne transmet, met en place dans l’esprit de l’enfant une confusion impossible à dénouer sans une contre offensive idéologique consciente et éclairée.

Effectivement, comment concevoir une Vérité divine liée à la création des cieux et de la terre si on présente des textes différents censés tous relater ce moment fondateur sans jamais les hiérarchiser? Comment faire comprendre à un enfant que les similitudes qu’il y a entre des récits datant de plusieurs siècles avant l’ère chrétienne, la Bible et le Coran sont dues à la constance d’une Vérité, déformée et falsifiée, et non à la reprise de mythes revus et corrigés?

En France, la propagation de l’athéisme n’a pas besoin de dire son nom, elle avance masquée et prend racine dans le terreau du vide laissé dans le cœur des enfants en ce qui concerne l’éducation islamique. On sait que l’école laïque ne prend pas le risque de dire clairement que Dieu n’existe pas. Elle se contente de donner corps à cette idée, de la faire vivre au quotidien à ses élèves. Le simple fait de faire comme si c’était le cas est une forme de propagande muette bien plus efficace que des propos clairs et assumés. En faisant baigner la jeunesse dans un quotidien d’insouciance ou Dieu est absent, ignoré, relayé à “l’espace privé”, on inculque l’athéisme indirectement, en négatif. On fabrique des athées qui s’ignorent.

Mais ici, on atteint un autre degré dans cette volonté de couper les hommes de leur rapport au divin. Présenter à un enfant de cet âge des récits de la création du monde, du Déluge, d’Adam et Ève, qui sont similaires mais différents, c’est lui envoyer un message ambigu. C’est lui dire qu’il n’y a pas de récit constant, c’est lui montrer que certaines choses sont manifestement inventées et qu’il serait donc légitime de remettre en question la véracité de tout ces textes, indifféremment. C’est lui faire comprendre de manière tacite que les récits de la création du monde sont repris, reformulés, réinventés à différentes époques et par différents acteurs. C’est mettre la parole divine en équivalence avec la parole des hommes. C’est injecter une dose de doute dans sa conscience.

Quand Amin rentre chez lui le soir, ses parents ne s’imaginent pas qu’il à un ingéré une micro dose d’athéisme qui pourrait croître dans son cœur tout au long de sa scolarité. Ses parents à Amin, ils aimeraient qu’il apprenne ses leçons avec assiduité, qu’il absorbe tout ce qu’on lui propose sans faire de distinction, ils sont eux aussi les artisans de l’image déifiée de l’école en lui faisant une confiance aveugle et sotte et en leur confiant l’esprit et le cœur de leur enfants.

 

Ana Hiya

Auteur de l’article : Rayan

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