Les falsification d’études : phénomène nouveau dans le monde scientifique ?

L’une des collections les plus importantes de manuscrits de la civilisation musulmane dans le monde se trouve être la collection d’Alphonse Mingana, célèbre orientaliste anglais.

C’est également dans sa collection que se situe le manuscrit de Birmingham ou « Arabe 328 », le manuscrit coranique le plus ancien trouvé à ce jour et dont la datation carbone 14 remonte l’origine possiblement au vivant du prophète (´alayhi salat wa salam).

Mingana est également un orientaliste influent, sa thèse sur la langue cyriaque a été reprise par Luxenberg et a été reprise par de célèbres orientalistes francophones comme Guillaume Dye, Mohammed Amir-Moezzi (dans le fameux “Coran des historiens”) ou encore Claude Gilliot1, bien que cette théorie ait été grandement délaissée voire réfutée à l’internationale.

Il se trouve aussi que ce Alphonse Mingana s’est fait connaître pour une controverse toute particulière. Ses élèves l’avaient accusés de falsifier2 des manuscrits pour modifier les résultats de la datification !3 Étant un chrétien pratiquant engagé dans l’apologétique, ce n’est pas quelque chose qui pouvait rester inaperçu. Et pourtant, il est encore présenté comme un chercheur respectable par certains islamologues renommés.

On ose imaginer les réactions que l’ont aurait eu si l’inverse s’était produit. Si un musulman avait modifié des manuscrits pour valider la tradition de l’Islam.
On retrouve encore cette fake news dans les milieux savants : que le gouvernement yéménite empêcherait les chercheurs occidentaux de travailler sur les manuscrits de Sana, alors que le centre de recherche lui-même qui travaille sur ces manuscrits a démenti cet infox en disant qu’elle n’a aucune source.4

Le cerveau de nos chercheurs va-t-il à deux vitesses ? Mais l’important ce n’est pas de courir…

Sources

  1. Ici : https://www.herodote.net/Comment_est_ne_le_texte_sacre_de_l_islam-synthese-1739.php
  2. « Alphonse Mingana », Orientalia Christiana Periodica 7, 1941, p. 514-518. / « Zur Textüberlieferung der Chronik von Arbela. Beobachtungen zur Ms. or. fol. 3126 », Oriens Christianus 50, 1966, p. 19-36.
  3. « Auteur et date de la Chronique d’Arbèles », L’Orient syrien 12, 1967, p. 265-302. Les autres textes étaient notamment un passage du texte intitulé Cause de la fondation des écoles, de Barhadbshabba ‘Arbaya, qu’il était accusé d’avoir inventé dans la préface de son édition de Narsaï (1905), et la lettre de Philoxène de Mabboug au dignitaire perse Abu ‘Afr, pour laquelle il avait été soupçonné déjà par Paul Peeters d’avoir menti sur l’existence d’un manuscrit. En fait, selon Vosté et Fiey, l’homme qui a fabriqué et vieilli artificiellement le manuscrit de la Chronique pour le compte de Mingana est parfaitement identifié, et a avoué : c’est un certain Abraham Shakwana, d’Alqosh, près de Mossoul, et c’est un moine nommé Thomas bar Hanna, du couvent d’Alqosh, qui a ajouté le faux nom d’auteur dans une marge.
  4. https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-dislam/le-seminaire-coranique-4

Auteur : Le Frère Hud

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