L’instruction en famille (2)

6. Rendre l’enseignement amusant

Les enfants ont une curiosité naturelle, ils cherchent à découvrir et à comprendre le monde qui les entoure. Dès leur naissance, ils mettent tout dans la bouche, ils touchent tout. Ensuite, un peu plus grand, ils posent des questions tout le temps, cherchent à savoir la signification des mots et l’utilité des objets.

A l’école, l’ambiance de travail est oppressante. Assis toute la journée, programme fixe chaque semaine, chaque heure, le comportement est ainsi robotisé. Tous les élèves doivent apprendre la même chose et au même rythme, alors que chaque individu est différent, chaque enfant à ses particularités. En plus, la plupart des enfants ne font qu’apprendre pour les notes, il y a toujours ce stress des examens, etc. Les élèves n’apprennent pas ou très rarement, par plaisir d’apprendre, mais simplement pour se conformer à un système. En forçant un enfant à aller à l’école et à se mouler dans un programme qui ne l’intéresse pas forcément, sa curiosité est bridée et l’apprentissage devient progressivement une corvée. Ce qui est normal, à l’école les élèves sont 15 à 30 par classe, comment un enseignant pourrait faire un cours individualisé à chaque élève ? C’est impossible, il y a un programme et il faut avancer.

7. Programmes customisés et accélérés

Le point primordial est tout d’abord d’intégrer le paradigme islamique dans l’esprit de l’enfant, Omar Ibn Al Khattab avait l’habitude de faire cette belle invocation (do3a) : « Ô Allah permet nous de distinguer la vérité et aide-nous à la suivre, permet nous de distinguer le faux et aide nous à l’éviter ».

Cela veut-il dire que nous abandonnons le reste ? Non pas du tout. D’ailleurs c’est une ambiguïté que beaucoup de personnes ont, ils pensent que faire l’école à la maison signifie que l’enfant sera largué en français et en mathématiques. Rien n’est plus faux. L’instruction en famille permet de personnaliser plusieurs aspects de l’apprentissage de nos enfants :

  • La vitesse : on peut accélérer et ralentir l’apprentissage en fonction des capacités de notre enfant. Une notion comprise rapidement pourra être zappé rapidement, à l’inverse d’une notion plus difficile qui demandera plus de temps d’acquisition pour notre enfant. Cette personnalisation est impossible à l’école.
  • Les contenus : on peut sélectionner des contenus qui intéressent plus spécifiquement nos enfants. Par exemple pour l’apprentissage de la lecture, peut-être que votre enfant aime les histoires de monstres, de princesses, de dinosaures, etc. En sélectionnant des histoires qui l’intéressent lui particulièrement, il sera plus facilement passionné et apprendra à lire plus rapidement.
  • La méthode d’enseignement : il y a différents styles d’enseignements, certains enfants sont plus visuels, d’autres plus auditifs, d’autres ont besoin de toucher. Avec l’enseignement à la maison, on peut varier les méthodes afin de trouver ce que notre enfant préfère. Ce n’est pas le cas à l’école avec l’enseignement classique où l’enseignant parle et les élèves écoutent, c’est centré essentiellement sur l’auditif et presque rien d’autre.

8. Les enseignants sont surchargés et mal payés

Beaucoup pensent que le fait d’être enseignant est « la planque », c’est faux. Les professeurs doivent non seulement enseigner, mais préparer les cours, on estime que pour une heure de cours il faut presque une heure de préparation. Ils doivent également corriger les copies, ce qui leur prend plusieurs heures par semaine. Ils doivent gérer des classes de 15 à 30 élèves (voir plus dans certains établissements). Ils doivent faire attention aux bavardages, aux élèves sur leurs smartphones, aux élèves qui dorment, aux élèves qui veulent se battre, aux élèves qui s’envoient des mots, etc. De plus, beaucoup d’élèves ont des problèmes à la maison, manquent d’éducation et ramènent leurs problèmes et leur mauvais comportement à l’école, ce qui rajoute une charge de travail pour le professeur qui se retrouve à la fois enseignant et éducateur. Le métier est vraiment difficile, stressant et il est utopique de penser que l’enseignant puisse fournir le meilleur enseignement possible à votre enfant dans ces conditions.

J’ai moi-même vu plusieurs professeurs craquer : j’ai vu une professeure d’allemand en collège ZEP dire à un élève de fermer sa gueule puis le virer de cours parce qu’il avait osé lui répondre “vous fermez votre gueule”. J’ai vu un professeur de philosophie en lycée quitter lui-même le cours parce qu’un élève lui avait manqué de respect. Il nous a simplement laissé et est parti. J’ai connu un professeur de sciences économiques et sociales totalement déprimé, qui avait un humour noir délirant,qui était très souvent absent. Il est mort quelques années plus tard, alors qu’il était plutôt jeune, je n’ai pas réussi à savoir si c’était un suicide ou une maladie.

En bref, ne pensez surtout pas que les enseignants sont tous des gros profiteurs du système, qui ont un super job de fonctionnaire et qui ont tout ce qu’il faut entre leurs mains pour apporter le maximum à votre enfant. C’est faux, beaucoup n’en peuvent plus et n’ont tout simplement pas les moyens de bien faire dans ces conditions.

9. Possession et investissement

A l’école, l’élève n’a presque pas d’autonomie. Il a des tâches à faire qui lui sont données par le professeur, un programme qui lui est donné par l’éducation nationale. La connexion entre l’élève et ce qu’il a envie d’apprendre est coupé, tout est sous contrôle. Il y a une sorte de robotisation et de contrôle qui peut conduire au décrochage chez beaucoup d’élèves ou au minimum à une perte d’intérêt.

L’instruction en famille permet de garder l’intérêt pour l’apprentissage chez l’enfant en lui proposant plus de choix, en allant à son rythme et en le nourrissant avec ce qu’il a envie d’être nourri, « tu n’as pas envie de faire des mathématiques ce matin, ok on peut faire du français (ou de l’anglais, ou de l’arabe ou de la découverte du monde, etc.), on reviendra sur ça plus tard. » Le programme n’est pas cadré comme si nous étions dans une usine ou à l’armée (ou à l’école).

10. Mentalité passive vs active

A l’école, l’enfant subit une pression afin de se conformer à ses pairs et aux attentes de l’institution. Pour être accepté par les personnes de son âge, l’enfant doit adopter le comportement et le mode de pensée de la majorité. Pour être accepté par les professeurs, l’élève doit adopter le mode de pensée de l’institution. Avec des exemples, ceci sera plus clair.

A. Vis-à-vis des autres enfants de son âge.

Si tous ses camarades ont un smartphone, votre enfant paraitra bizarre s’il n’en a pas. Si tous ses camarades sont sur Snapchat et Instagram, votre enfant paraitra bizarre s’il ne fréquente pas ces réseaux sociaux. Si tous ses camarades regardent des émissions de télé-réalité débiles où on voit des personnes avec peu de vertus se prélasser toute la journée en bikini et se draguer ou s’insulter (« les anges de la TV réalité », « les Marseillais à tel endroit », etc.), votre enfant paraitra bizarre s’il ne regarde pas ces émissions. Vous pouvez continuer cette liste et l’allonger un moment en y ajoutant des jeux débiles et chronophages, des matchs de football inintéressants et tout aussi chronophages (un match de football dure 1h30, en parler chaque semaine et s’y intéresser prend également plusieurs heures. On peut dire qu’un garçon lambda passe entre 2 et 7 heures par semaine à parler et regarder du football).

B. Vis-à-vis de l’institution.

Comme nous l’avons mentionné plus tôt, l’école de la République est fondée sur un ensemble de valeurs et une idéologie particulière. Évitons de radoter et expliquons en quoi cela pourrait être problématique pour votre enfant. En cours de SVT (sciences et vie de la terre), votre enfant recevra des cours sur la théorie de l’évolution, celle-ci est présenté comme étant une vérité absolue, pas comme une simple tentative d’explication du monde. Si votre enfant émet des doutes à son sujet, il risque d’avoir des problèmes. Toujours en SVT, les enfants apprennent la procréation, pas de problème jusque-là, mais comme l’idéologie est partout présente à l’école de la République, en 4e votre enfant recevra des préservatifs et on lui expliquera comment s’en servir, car avoir des relations sexuelles avec des petits copains et des petites copines est normal à cet âge n’est-ce pas ?

En cours de sport votre enfant devra aller à la piscine en maillot de bain, s’il refuse vous et votre enfant aurez des problèmes, en effet les notions de pudeur n’ont pas leur place dans l’enceinte de l’école républicaine, la laïcité passe avant la religion, votre pudeur doit rester chez vous.

En cours d’histoire, votre enfant apprendra que les religions sont une fabrication humaine, selon la perspective d’Auguste Comte : le monde a commencé par l’adoration du feu et de la nature, puis les humains ont inventé des dieux, puis le monothéisme a été inventé en Mésopotamie, et enfin l’homme s’est libéré de toute ses entraves et illusions par l’adoption de l’athéisme (que l’on nomme d’une belle manière « libre pensée », grâce aux philosophes des Lumières. Comment votre enfant pourrait-il avoir les armes idéologiques et intellectuelles pour contredire son professeur d’histoire à ce sujet ? Il n’a aucune chance, soit il se taira tout en conservant ses convictions, soit il rentrera chez lui avec des ambiguïtés profondes dans son cerveau.

Enfin en français, l’élève a l’obligation d’étudier toutes les grandes figures de la littérature et de la poésie française, dont un nombre non négligeable diffusaient des valeurs contraires à la religion (relations hors mariage, doute sur la religion, consommation de drogues, etc). Combien d’enfants ont les armes pour distinguer le bien du mal et le vrai du faux dans ce qui leur est enseigné ?

Le contrôle de l’institution est total : vous ne pouvez pas aller aux toilettes sans permission, vous ne pouvez pas boire sans permission, vous ne pouvez pas manger sans permission, vous ne pouvez pas parler sans permission, vous ne pouvez pas sortir de classe sans permission, vous ne pouvez pas vous assoupir sans permission, etc.

Ah et évidemment dans l’école de la République il est interdit de faire la prière, ainsi les enfants musulmans rateront un grand nombre de prières au collège et au lycée, ce qui réduira dans leur esprit l’importance de la prière : si l’école est plus importante que répondre à l’appel d’Allah, en quoi l’appel d’Allah est important ? Cela a créé toute une génération de musulmans qui délaissent ou négligent la prière, alors qu’Allah dit :

«Malheur donc, à ceux qui prient, tout en négligeant (et retardant) leur Salat »10

Ce contrôle est normal, vous ne pouvez pas faire fonctionner une large institution sans qu’il y ait des règles fixes et que ces règles soient les mêmes pour tout le monde. Mais cela rend l’esprit des enfants docile et acceptant n’importe quoi provenant du pouvoir en place, dans notre cas : l’État laïc et Républicain. Les enfants qui refusent cette autorité ultra pesante, sont punis par des convocations de parents, des heures de colles et tout un arsenal législatif pouvant détruire leur vie.11

Grâce à l’école à la maison, votre enfant sera à l’inverse libre de ses mouvements quotidiens et ne sera pas programmé à demander la permission pour tout et n’importe quoi, il n’aura pas à subir l’influence idéologique de la République qui veut en faire un parfait athée hédoniste. Il pourra prier à l’heure et avoir la même croyance que la famille concernant la religion.

Adapté des travaux d’Umm Khalid.

Suite prochainement in cha Allah

Annotations

10 Sourate 107, versets 4 et 5

11 Je connais des gens très intelligents, qui ont fini au chômage de longue durée ou ouvrier à l’usine parce qu’ilsn’ont pas réussi à se fondre dans le moule de l’école républicaine, je suis sûr que vous en connaissez aussi.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*