L’instruction en famille (3)

11. Profiter de son enfance

Comme nous l’avons dit, un enfant scolarisé passera une bonne partie de son temps à l’école : entre 850 et 1150 heures par an en fonction de son âge (en France), ceci pendant au moins 15 ans (de 3 à 18 ans, de la maternelle à la terminale). Imaginez, un enfant « normal » passe environ 14 000 heures de sa jeune vie à l’école, ceci sans compter ceux qui font des études supérieures. Certains pourraient dire, où est le mal ? 14 000 heures à apprendre, c’est super ! Hé bien, vous savez très bien que ce n’est pas 14 000 heures à apprendre, une partie non négligeable de ces heures est composé d’ennui : soit car votre enfant maitrise déjà la notion apprise, soit parce qu’il est largué dans ce cours et n’arrive plus à suivre, soit parce que l’enseignant est occupé à faire autre chose (comme la police). Il n’est pas fou d’affirmer que ces 14 000 heures de sa vie auraient pu être utilisées à meilleur escient. Un enfant peut très bien apprendre tout ce qu’il apprend à l’école en moins de temps.

J’ai personnellement pris conscience de tout ça lors de ma dernière année au lycée. J’étais en terminal (spécialité Sciences Économiques et Sociales) et je n’en pouvais plus d’aller en cours, vraiment mon âme ne supportait plus ce système, c’était devenu une torture. Je séchais souvent, je dormais à moitié en classe, je n’écoutais rien, j’avais des notes horribles. Environ 2 mois avant le baccalauréat, j’ai décidé d’acheter des livres de révisions que l’on retrouve dans toutes les grandes librairies, je les feuilletais de temps en temps. Un mois avant le bac, j’ai complétement arrêté d’aller en cours et je ne faisais que réviser dans ces livres. Même là je n’étais pas un fou du travail, on peut dire que je passais environ 4 à 6 heures par jour pendant un mois à réviser ces livres. Cela m’a suffi pour avoir le bac du premier coup, sans aller au rattrapage. Certains pourraient dire : « un bac sans mention, de quoi es-tu fier ? ». Pour quelqu’un qui avait 03/20 de moyenne en mathématiques et 02/20 en SES et qui se retrouve au bac avec 11/20 et 14/20 dans ces matières, simplement en révisant dans des livres prévus à cet effet un mois avant le bac, c’est quand même une victoire. Et cela prouve juste une chose : un enfant n’a pas à passer autant d’heures à l’école pour acquérir des savoirs, il peut très bien les obtenir d’une autre manière et en moins de temps.

Au lieu de passer 14 000 heures en classe à étudier, les enfants peuvent passer plus de temps à découvrir le monde, jouer en plein air, se rapprocher de la famille élargie, etc. Le tout, sans devenir pour autant moins performant, comme nous le verrons tout à l’heure.

12. Sexe, violences, drogues et médication

Médication : ceci vise surtout les garçons en maternelle et primaire. Beaucoup sont diagnostiqués de « troubles de l’attention » et sont mis sous médicaments pour les calmer. Ces enfants ne sont souvent pas malades, être actif n’est pas une maladie. Un jeune garçon12 n’est simplement pas fait pour être assis toute la journée en classe, il a besoin de beaucoup bouger et se dépenser. Il y a globalement une « sur-psychologisation » de tous les comportements non-uniformes. Si un enfant est violent ou désobéissant, il a peut-être simplement besoin d’être éduqué plus sévèrement ou juste d’une bonne correction. Pourtant, de nos jours, un certain nombre de médecins et psychologues vont vouloir mettre ce gamin sous cachetons et lui diagnostiquer un trouble mental.

Vulgarité : la vulgarité n’est un secret pour personne, tout particulièrement dans les écoles dites « ZEP »13, on entend des insultes à longueur de journée, ceci surtout au collège, mais parfois dès la primaire. Si votre enfant est en ZEP, il aura de grandes chances de devenir vulgaire à son tour.

La violence est également structurelle dans les ZEP et plus tard dans les lycées avec beaucoup de jeunes issus des ZEP. J’ai moi-même grandi dans un tel environnement et je me souviens des bagarres entre les bandes rivales entre les jeunes de mon quartier contre les jeunes de quartiers « rivaux » à la sortie des cours : coups de barres de fer, poings américains, tournevis, etc.

Harcèlement, brimade : les enfants sont cruels entre eux, se moquer des gros, se moquer des « moches », se moquer des élèves limités intellectuellement ou à l’inverse se moquer des « intellos » ou encore se moquer des « faibles » est la norme dans bien des écoles. Si notre enfant n’est pas dans ceux qui sont moqués, peut-être sera-t-il dans le camp des moqueurs par effet de groupe ou tout simplement dans le camp de la majorité silencieuse, qui regarde les brimades sans intervenir. Le harcèlement peut aller si loin que de nombreux jeunes se suicident chaque année.


Drogues et alcool : C’est dans les collèges (tous types de collèges cette fois-ci) et dans les lycées que les enfants commencent à fumer et à boire de l’alcool. Des élèves apportent des cigarettes, de la bière, du cannabis (aussi connu sous le nom de beuh, herbe, shit) et d’autres élèves les prennent pour des modèles (le fameux modèle du « rebelle intrépide ») et les imitent. C’est simple, demandez à des gens autour de vous comment ils ont commencé à fumer, une grande partie vous dirons : « mes amis fumaient, alors je fumais avec eux, je ne me suis pas posé de questions ».


En ce qui concerne d’autres types de vulgarité, la situation est de pire en pire dans les écoles sur certains aspects. Pour avoir des amis dans l’éducation nationale, ce qui en ressort est parfois terrible : prostitution organisée dans des lycées (des filles qui font des fellations dans les toilettes de l’établissement pour 10 euros), pornographie dans les smartphones, envoie de photos dénudées, etc.
Enfin il existe une culture de la débilité (tout le monde joue au jeu vidéo Fortnite alors il faut que je joue aussi, quitte à y passer de nombreuses heures par jour, etc.).

Avant d’aller plus loin, détruire le biais cognitif de l’expérience personnelle.

Certaines personnes pourraient dire : « MOI JE connais des gens qui ont fait l’école publique et qui sont très bien : ils sont très intelligents et très pieux. Inversement JE connais des gens qui ont fait l’école en famille et qui sont instables et mauvais. » C’est le même genre d’argumentaire que certaines personnes utilisent pour justifier le fait de boire de l’alcool ou fumer : « je connais des gens qui fument et qui n’ont jamais eu de problèmes, à l’inverse je connais des gens qui ne fumaient pas et qui ont eu de graves problèmes de santé. » Il faut bien comprendre deux choses : 1. L’exception ne fait pas la règle. 2. Le risque 0 n’existe pas, nous ne sommes pas des robots, mais des humains.

L’exception ne fait pas la règle.

Vous pourrez toujours trouver dans tous les domaines, des gens qui ne suivent pas le trajet naturel qu’on aurait pu attendre d’eux. Vous avez certainement tous déjà vu dans les films américains ce genre de choses, c’est le mythe du « self made man », les américains adorent faire ça. Ils prennent un homme pauvre et en galère et montrent que grâce à ses efforts surhumain il parvient à une belle vie.14

Est-ce que vous pouvez devenir riche, tout en partant de zéro ? Bien sûr. Est-ce que votre probabilité de finir riche en partant de zéro est égale à celle d’un homme ayant déjà une famille plutôt aisée ? Bien sûr que non.

Eh bien ici c’est la même chose. OUI un enfant pourrait très bien devenir un très bon musulman, même après l’école publique. Mais est-ce que ses chances sont égales à celle d’un enfant ayant fait l’instruction dans une bonne famille musulmane ? Bien sûr que non.

Est-ce que vous pouvez être un grand fumeur et finir en bonne santé ? Oui. Est-ce que la probabilité que vous finissiez en bonne santé est égale à celle d’un non-fumeur ? Non.

J’ai fait deux camemberts pour vous aider à visualiser cela. Notez que les chiffres sont purement fictifs, ils servent d’illustration. J’espère qu’avec ces exemples, vous comprendrez que se baser sur nos « expériences personnelles » est parfois trompeur.

2. Le risque 0 n’existe pas.

Si vous êtes musulman, vous avez sûrement déjà lu le Coran. Trois histoires en particulier nous rappellent que le risque 0 n’existe pas :

  • Qabil, le fils d’Adam qui tua son frère Habil par jalousie
  • le fils de Nouh qui resta avec les polythéistes
  • la femme de Lut qui choisit le camp de son peuple sodomite plutôt que le camp de son mari prophète.

Toutes ces personnes étaient liées à des prophètes (paix et salut sur eux), pourtant elles ont mal fini. Nous ne sommes pas des prophètes, nous n’atteindrons jamais le niveau de piété d’Adam, Nouh ou Lut. Il y a toujours un risque que nos enfants finissent mal, malgré tout l’amour et la bonne éducation que nous leur prodiguerons. Nous avons une obligation de moyens, pas de résultats. Nous voulons arriver devant Allah le Jour de la Résurrection en disant : « Seigneur, j’ai fait tout mon possible » afin de ne pas être blâmé ou pire châtié par Allah. Nous voulons suivre le verset de sourate At-Tahrim disant :

« Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles, d’un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres, surveillé par des Anges rudes, durs, ne désobéissant jamais à Allah en ce qu’Il leur commande, et faisant strictement ce qu’on leur ordonne. »


Ceci sera ma dernière question de ce chapitre : pensez-vous sincèrement qu’en mettant vos enfants à l’école de la République, après tout ce que nous avons vu, vous aurez fait tout votre possible pour donner une éducation musulmane à vos enfants ?

Adapté des travaux d’Umm Khalid.

Suite prochainement in cha Allah

Annotations

12 Les jeunes filles ont beaucoup moins ce problème, c’est factuel, elles sont généralement bien plus calme.
13 Zone d’éducation prioritaire. C’est le nom donné aux écoles situées dans les quartiers les plus pauvres et violents de France.

14 Par exemple dans le film avec Will Smith et son fils « à la recherche du bonheur », 2006.

1 Comment

  1. Encore faut il avoir les compétences pour apporter réellement du mieux a l’enfant en faisant l’ief. Il faut un réel projet derrière. Sinon si c’est juste pour duppliquer le programme de l’educ nat, avec deux trois sorties. Au final, l’enfant peut perdre sur le côté interactions sociales , pour forger sa personnalité , et avoir un gain assez faible au final, en terme de culture générale, vocabulaire, religion, etc

    Donc IEF , oui , mais:

    – Avoir de la poigne pour maîtriser les enfants
    – être organisé
    – être convaincu, sinon c’est un coup a abandonner aux premières crises, caprice des enfants
    – avoir un vrai projet qui fasse clairement la différence en terme d’apport

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