L’Islam face à la Modernité

Pourquoi de plus en plus de musulmans doutent de leur foi ?

Depuis 200 ans le monde musulman est confronté au colonialisme en provenance de l’Occident, si le colonialisme militaire est officiellement mort, le colonialisme des idées/croyances est toujours à l’ordre du jour.

L’Occident n’impose plus ses valeurs par la force, c’est contre productif, il les impose par sa propagande active : école, médias, associations, etc. Par toute cette armada idéologique, par ce bombardement permanent d’idées du berceau jusqu’à la mort, l’Occident est parvenu à faire aimer aux musulmans ses valeurs.

Ainsi les musulmans au 21e siècle aiment l’égalité, aiment la fraternité humaine, aiment la liberté la plus totale. Que se passe t-il donc naturellement quand ils ouvrent le Coran et qu’ils découvrent l’inégalité entre les hommes et les femmes, le communautarisme religieux et la présence de règles qui restreignent fortement leur liberté? Les doutes naissent. Qui a raison entre les valeurs de la société dans laquelle j’ai grandi et les valeurs de la religion que je prétend suivre?

De là plusieurs trajectoires peuvent se mettre en place : (1) soit l’apostasie claire et net et l’adhésion à la religion occidentale, (2) soit la falsification de l’Islam pour le rendre occidentalocompatible, (3) soit l’abandon des valeurs de l’Occident pour adopter les valeurs de l’Islam. Cette dernière trajectoire est idéale mais est très difficile car elle demande de passer par un processus de purification idéologique et qu’elle place de facto le musulman contemporain en hérétique/ennemi vis à vis de la masse.

 

Pourquoi il est nécessaire d’avoir des réponses puissantes aux doutes des musulmans contemporains?

Face aux doutes de nos coreligionnaires, beaucoup d’entre nous adoptent un comportement et des reproches fidéistes. Cela donne quelque chose du genre : “Allah a dit ceci, le Prophète (paix et salut sur lui) a dit cela, donc tu dois écouter et obéir, ne pas poser de questions !”

Si ce genre de comportements pouvaient être valable il y a encore un siècle, alors que la masse des gens n’allaient ni à l’école (encore moins à l’université) et n’avaient accès ni à la TV, ni à internet. Les musulmans vivaient globalement entre musulmans et les mécréants globalement entre mécréants.

Or aujourd’hui les conditions ont largement changé : nous vivons dans un monde interconnecté, il n’y a plus de séparation entre les communautés, l’enseignement est obligatoire et il a lieu presque partout dans des écoles laïques qui prêchent une vision du monde occidentale et les médias dont internet ont donné la parole à tous les ennemis de l’Islam pour répandre leurs mensonges et leurs ambiguïtés sur notre religion.

Pour faire clair : auparavant les ambiguïtés des mécréants étaient comme un insecte venimeux que le musulman pouvait chasser d’un revers de main alors qu’aujourd’hui elles sont comparables à une tumeur qui grandit dans le cerveau et si rien n’est fait pour la retirer à temps elle transforme le musulman en kafir qui s’ignore.

Pour guérir cette tumeur il faut une argumentation solide, des propos clairs et surtout il faut s’attaquer à la racine du mal, pas simplement aux branches. La racine représente les idéologies, ces néo-religions, qui sont à la base de la Modernité.

 

Les 6 caractéristiques de la Modernité.

– Elle a une dimension morale : ce qui est moderne est cool, ce qui est ancien est arriéré.

– Elle est en constante évolution : ce qui était bien ou mal il y a 30 ans n’est plus bien ou mal maintenant (voir le changement de perception des personnes LGBT au sein des sociétés par exemple).

– Le présent est forcément meilleur que le passé : croyance au Progrès.

– Elle n’accepte aucune autorité extérieur : pas de référent à un Livre sacré, un Prophète ou un Dieu.

– Elle est contre toute Tradition : la tradition c’est de faire ce que les générations passés faisaient. Dans les sociétés prémoderne c’était une source de fierté de suivre la voie des Anciens, aujourd’hui non. (La Tradition a également une grande importance en Islam avec le suivi de la voie des Compagnons et de ceux qui les ont suivi dans le bien).

– Elle est dogmatique, sans en avoir conscience. Reprenons l’exemple de la doctrine LGBTQ+, ceux qui soutiennent ce délire ne le font pas parce qu’ils ont des preuves scientifiques ou des raisonnements intellectuels poussés. Non ils sont dans le dogme : “Laisse les gens faire ce qu’ils veulent sale facho !”, peu importe la destruction de l’institution familiale, peu importe les MST, peu importe les troubles psychologiques de leurs enfants dégénérés. On ne réfléchit pas, on est dans le dogme.

 

Quelle est la différence entre le post modernisme et le modernisme ?

Là où le modernisme attaquait la tradition et la religion, le post modernisme va plus loin. Pour les post modernistes la religion est déjà morte de toute manière (la plupart des professeurs dans les universités occidentales sont non religieux).

Les post modernistes s’attaquent donc au langage : pour eux toute langue, tout le vocabulaire, les mots et leur sens sont une fabrication sociale. Les classes dominantes ont façonné le monde à leur image au fil du temps, il appartient donc de tout réinterpréter.

Le résultat de ces délires vous le voyez aujourd’hui avec l’écriture inclusive (l’écriture ancienne est dominée par le patriarcat, il faut la modifier), la théorie du genre (qui a décidé qu’il y avait que deux genre, ce sont des sornettes d’anciens qui avaient le cerveau bouffé par la religion), etc.

On le voit aussi avec la réinterprétation des textes religieux : qui vous dit que le peuple de Lot a été vraiment châtié pour avoir pratiqué l’homosexualité ? Peut-être que les termes ont été mal compris par les Anciens!
Qui vous dit que le hijab est obligatoire et que le hijab est vraiment le hijab d’abord ? Ce sont des fables du patriarcat arabe qui a inventé le voile pour opprimer les femmes !

Voici la conclusion finale du modernisme et du post modernisme. Tout ce que l’on connaissait est faux, rien n’est vrai, tout est à modifier et à réinterpréter.

 

La religion est inutile selon le paradigme de la Modernité.

– Avons-nous besoin de Dieu (ou d’une religion) pour comprendre le monde ? Non, nous avons la science.

– Avons-nous besoin de Dieu (ou d’une religion) pour être de bonnes personnes ? Non, nous avons le libéralisme (chacun fait ce qu’il veut pardi, qui sommes-nous pour juger ce qui est bien ou mal?!)

– Avons-nous besoin de Dieu (ou d’une religion) pour comprendre d’où nous venons ? Non, nous avons la théorie de l’évolution.

– Avons-nous besoin de Dieu (ou d’une religion) pour être heureux ? Non, nous avons le Progrès.

– Avons-nous besoin de Dieu (ou d’une religion) pour avoir une société florissante et épanouie ? Non, la religion est un poids qui nous retient en arrière !

 

Qu’est-ce que la conception progressiste de l’histoire ?

L’Histoire chez les Occidentaux est divisée en 4 grandes périodes :

– L’antiquité de la grande civilisation greco-romaine, plus particulièrement l’âge classique grec (Ve-VIe avant JC). Le reste du monde baigne dans l’ignorance et la barbarie.

– Le Moyen-âge (Ve-XVe siècle) qui voit une bonne partie du monde sombrer dans l’oppression des religions monothéistes : le christianisme domine partout en Occident, c’est une période obscurantiste et superstitieuse.

– L’époque moderne (XVe-XVIIIe) et plus particulièrement la Renaissance qui marque un renouveau intellectuelle et culturelle, qui pose les bases du nouveau monde Humaniste.

– L’époque contemporaine (à partir de la Révolution française) : le monde Ancien est mort et enterré. Vive le Progrès.

On le voit, avec cette perception de l’Histoire, plus on avance dans le temps, plus le monde est libéré des religions et avec ça progresse vers de plus beaux horizons.

Quand est-il de la perception islamique de l’histoire ?

L’Histoire est faite de cycles, des prophètes sont envoyés par Allah et constituent un pic dans la correction des vices sur Terre. Depuis l’apparition du dernier Prophète (sws) qui constitue le dernier pic, le monde va de plus en plus mal, en dehors de quelques exceptions temporaires et ce jusqu’à la fin des Temps et le triomphe du Mahdi contre le dajjal.

Ce qu’il faut retenir est que ces deux conceptions sont en opposition totale : dans la vision progressiste de l’Histoire, la religion est synonyme d’arriération. Dans la vision islamique de l’Histoire, la religion est synonyme de succès ici bas et dans l’au-delà.

PS : On peut retenir en plus que la conception historique progressiste est occidentalo-centrée de par les dates retenues et qu’elle exclue de facto le reste du monde, spécialement l’Asie. Ceci sape évidemment leur récit universaliste.

 

La question fondamentale que pose la Modernité :

Est-ce que l’immense majorité de l’humanité était immorale et irrationnelle ?

En effet, si c’est mal et stupide d’être sexiste, LGBTphobe et religieux* alors que l’humanité toute entière était sexiste LGBTphobe et religieuse et ceci sur toute la surface du globe depuis des millénaires et jusqu’à il y a moins de 3 siècles** alors cela signifie que l’humanité toute entière baignait dans l’ignorance crasse et le fanatisme stupide jusqu’à ce que quelques occidentaux décident de changer cela (Euréka!) et de diffuser leur message au monde (colonisation, universalisme des valeurs humanistes, blablabla).

C’est quand même extrêmement prétentieux*** de la part des adeptes de la Modernité qui baignent dans la décadence des mœurs la plus absolue et qui sont plus ignorants sur énormément de sujets de la vie de tous les jours que l’humain moyen vivant au Moyen-âge (moi y compris, je ne connais presque rien à la nature et je suis incapable de faire les choses seul, merci les nouvelles technologies). Et pourtant c’est bien ce que les progressistes croient : nous autres, humains du 21e siècle, sommes l’élite de l’humanité.

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*Religieux au sens de suivre une religion traditionnelle et organisée. Ne vous y trompez pas, beaucoup de modernistes dégénérés prétendent être religieux, mais ils adoptent des croyances New Age et se créent leur propre religion à la carte. C’est plus une spiritualité ésotérique vide de toute substance.

** et encore, certaines valeurs sexistes et LGBTphobes étaient la norme même dans la France Républicaine jusqu’à il y a moins de 50 ans

*** J’en vois déjà venir certains : “oui mais les musulmans aussi vous pensez être l’élite, ça aussi c’est prétentieux!”
1. Des prophètes il y en a au moins 25 en Islam et plusieurs milliers selon certaines narrations, nous ne limitons pas les peuples bons aux suiveurs du dernier Prophète (paix et salut sur lui).
2. Nous jugeons que les non musulmans sont dans un degré plus ou moins élevé d’ignorance mais en aucun cas nous ne disons qu’ils sont des arriérés stupides. Certaines civilisations mécréantes ont produit des peuples raffinés aux valeurs et aux mœurs très proche des nôtres (civilisation chrétienne, civilisation confucéenne, etc.).

 

Le dilemme* à double tranchants.

Face à la Modernité les musulmans se retrouvent devant deux choix:

1. L’accepter et ainsi considérer les principes islamiques arriérés, périmés, mauvais.
2. La rejeter et ainsi passer pour un barbare immoral et irrationnel aux yeux des gens, ce qui rend la da’wa bien plus difficile et fait augmenter l’apostasie chez les musulmans.

Deux approches du dilemme sont mauvaises, une autre est meilleure. Accepter le premier choix est mauvais car il conduit à l’égarement, voir à la mécréance.
Ensuite deux attitudes sont possibles face au second choix : l’adoption d’un comportement fidéiste dénuée de toute réflexion** qui se résumerait à un suivi aveugle, à rejeter toute discussion “c’est comme ça et pis c’est tout, on emmerde les kuffars, mourrez de votre rage, etc.” c’est une position très difficile à tenir car nous vivons en terre de mécréance, ainsi ce type de musulman passerait logiquement pour un barbare débile et sera isolé du reste de la société. C’est mauvais pour la da’wa dans le sens où le mécréant se sent confirmé dans la supériorité de ses valeurs et principes et c’est mauvais pour le musulman fidéiste car il y a un risque fort de finir par tout lâcher puisque c’est usant psychologiquement d’être isolé de la société et détesté par tous.

La meilleur approche face au deuxième choix est donc d’adopter une argumentation claire et censée afin de démontrer par A + B en quoi le mode de vie, les valeurs et les principes de l’Islam sont bons et même supérieurs à ceux prônés par la Modernité.

Comme notre Seigneur dit (dans le sens du verset) : “Par la sagesse et la bonne exhortation appelle au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon.” (Surah Les Abeilles – Ayah 125)

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* Un dilemme est une alternative contenant deux propositions contraires ou contradictoires et toutes deux insatisfaisantes entre lesquelles on est mis en demeure de choisir.

** Le comportement fidéiste, c’est à dire le suivi aveugle, est souhaitable pour de nombreux actes cultuels ou des faits qui dépassent la compréhension humaine. Pourquoi 2 unités de prière à l’aube et 3 après le couché du soleil ? Pourquoi créer des Anges alors que Dieu peut faire tout Seul ? Pourquoi brûler des pierres en Enfer ? Voici le genre de questions un peu stupides que beaucoup d’athées posent et qui sont des “prétextes” pour ne pas croire. Dieu fait ce qu’Il veut, décide de ce qu’Il veut et ordonne ce qu’Il veut. Il appartient à l’humain de se soumettre une fois qu’il a compris la logique globale de la religion, sa véracité ainsi que le bien qu’elle apporte à l’humanité.

Conflit entre Raison et Révélation ?

Dés l’époque des prédécesseurs (salafs), les musulmans se posaient des questions sur le rapport que le musulman doit entretenir avec la science/raison. Les musulmans avaient traduit les ouvrages de philosophie grec et ceux-ci contredisaient l’Islam sur de nombreux points. Par exemple, selon les grands philosophes grecs, l’univers existe de toute éternité (cette idée est restée plus ou moins dominante jusqu’à la théorie du Big Bang au XXe siècle) alors qu’en Islam l’univers est une création d’Allah, Lui seul est éternel.

Face à cela, de nombreux musulmans ont adopté le “ta-wil”, l’interprétation métaphorique des versets du Coran pour le rendre compatible avec les théories scientifiques dominantes.
Ce comportement est toujours adopté de nos jours par les modernistes, non seulement pour rendre l’Islam compatible avec toutes les théories scientifiques, mais également pour le rendre compatible avec les valeurs dominantes de la Modernité.

Ainsi, de nos jours le féminisme est devenue une idéologie à la mode et dominante au sein des sociétés occidentales, alors on réinterprète les versets du Coran et les ahadith qui traitent de la place de la femme en disant par exemple que les versets sur le hijab (voile) ne concernent que les femmes du Prophète (paix et salut sur lui).

4 choix sont possibles sur la relation entre Raison et Révélation:
1. Accepter les deux
2. Rejeter les deux
3 Accepter la Raison et rejeter/réinterpréter la Révélation
4. Accepter la Révélation et rejeter la Raison

Le meilleur choix est celui d’accepter les deux.


En effet, la Raison saine n’est jamais en conflit avec la Révélation. Quand quelqu’un prétend que quelque chose contredit l’Islam en se basant sur la Raison, c’est soit qu’il a mal compris la Révélation, soit que sa raison est déficiente.

La plupart des attaques contre l’Islam sont d’ordre dogmatique/idéologique et ne sont en aucun cas basées sur la Raison.

 

L’importance de la Tradition intellectuelle islamique.

Les “musulmans” progressistes et modernistes sont incohérents car ils rejettent ce qui contredit les valeurs de la Modernité tout en conservant certains traits musulmans, pourtant c’est bien l’intégralité de l’Islam qui a été transmis par les ‘oulémas.

Si tu remets en causes le consensus des 4 écoles sur l’obligation du hijab, sur le patriarcat, sur le jihad, sur l’enfer, sur les LGBT, etc. Qu’est-ce qui t’empêche de remettre en cause toute la religion?

Le musulman doit donc s’attacher au consensus des ‘oulémas car ce sont eux qui ont préservé la religion. Il doit être sceptique vis-à-vis de tout ce qui contredit ce consensus. Il doit rechercher la rationalité et la moralité derrière chaque valeur islamique (oui le hijab c’est bien voilà pq, oui le patriarcat c’est bien : voilà pq, etc.) afin de rester ferme sur sa foi.

Quelles différences entre le paradigme islamique et le paradigme moderniste.

Définition de paradigme : Système de pensée globale (le terme vision du monde est contestable puisqu’il implique une forme de relativisme). Il existe de nombreux paradigmes : islamique, européen, chinois, japonais, etc.

Un paradigme a trois caractéristiques :
– ontologie = qu’est-ce qui existe, comment fonctionne le monde
– épistémologie : qu’est-ce que la science, comment nous savons ce que nous savons, quelles sont nos sources
– normativité : qu’est-ce que l’éthique, le bien et le mal, la morale..

Ci-dessous j’ai reproduit un tableau de Daniel Haqiqatjou, il n’est pas complet et certains points présents dans le paradigme moderniste peuvent se retrouver dans le paradigme islamique (ou en tout cas être réutilisés et adaptés). Mais vous comprenez globalement les différences fondamentales entre nos deux paradigmes.

 

 

Comment les conflits entre paradigmes créent le doute ?

Ce schéma illustre ce que nous disions au tout début : “Ainsi les musulmans au 21e siècle aiment l’égalité, aiment la fraternité humaine, aiment la liberté la plus totale. Que se passe t-il donc naturellement quand ils ouvrent le Coran et qu’ils découvrent l’inégalité (de traitement, de législations) entre les hommes et les femmes, le communautarisme religieux et la présence de règles qui restreignent fortement leur liberté? Les doutes naissent. Qui a raison entre les valeurs de la société dans laquelle j’ai grandi et les valeurs de la religion que je prétend suivre?”
Nous avons grandi dans un monde au domine le paradigme moderniste et nous devons lutter pour conserver notre paradigme islamique, comme notre Prophète (sws) a dit :
“Viendra une époque durant laquelle celui qui tiendra véritablement à sa religion sera semblable à une personne tenant une braise de feu dans sa main.”

Ainsi de nombreux musulmans, dont malheureusement beaucoup d’imams, tombent dans le (mauvais) réformisme :
– soit ils sont totalement occidentalisés et veulent réformer l’Islam de fond en comble sans prendre aucune pincette. (Chalghoumi, Oubrou et compagnie)
– soit ils utilisent les maqasid (objectifs de la charia) pour réformer l’Islam en douceur, cette tactique très vicieuse est notamment utilisé par Bajrafil dans un débat TV pour dire que la France applique + la charia que n’importe quel pays musulman. Ces gens utilisent les objectifs de la loi islamique pour abolir la loi islamique, c’est très vicieux mais ça passe auprès de la masse parce que ces gens enrobent bien leur discours dans des artifices rhétoriques, comme nous l’avons déjà un peu étudié ici : https://renaissancemusulmane.com/limportance-et-les-ruses-du-langage

PS : Quelques définitions pour comprendre le schéma et voir ainsi l’opposition avec l’Islam :
Rationalisme : le seul savoir que nous pouvons acquérir est celui qui nous parvient par la raison pure.
Empirisme : le seul savoir que nous pouvons acquérir est est ce que nous observons par les sens (je crois que ce que je vois).
Si vous souhaitez d’autres définitions, ou que l’opposition entre Islam et valeurs modernistes n’est pas claire, dites le en commentaire.

Le langage comme source de doute.

Nous vivons dans une société avec un langage basé sur le paradigme occidental/moderniste, ce paradigme étant en contradiction avec le paradigme islamique, utiliser son langage peut être source de confusion dans l’esprit des musulmans.
Lisez le tableau, puis revenez ici…

En utilisant le mot “croire” ou le mot “foi” on place dans notre esprit une part de doute, car ces mots nous viennent de la tradition chrétienne et dans cette tradition il y a toujours une part de doute, une part de foi aveugle, une part de mystère (les voies de Dieu sont impénétrables, le grand mystère de la Trinité, etc.). Le mot Iman ne possède pas cette part de doute, c’est une certitude qu’Allah est le seul Dieu et qu’il ne faut adorer que Lui, c’est une certitude que Muhammad sws est son dernier messager, etc.

Le savoir dans le paradigme moderne occidental est uniquement basé sur des preuves empiriques ou logiques/mathématiques. Pour eux il est inconcevable que tu puisses savoir réellement quelque chose alors que tu ne l’as pas vu et qu’il n’est pas démontrable mathématiquement. C’est pourquoi la plupart d’entre eux sont soit athée, ou au moins agnostique : “on ne sait pas si Dieu existe et on ne pourra jamais le savoir car Dieu ne se montre pas, il n’est donc ni observable, ni calculable”.
Le ‘ilm (ou savoir en Islam) est lui basé sur + de sources (ayat) puisque nous avons la Tradition : Allah a parlé à des hommes (les Prophètes) qui ont transmis le message à des hommes (les apôtres/compagnons) qui ont transmis le message, et de générations en générations le message s’est transmis. La connaissance de la Révélation est donc une source de savoir.

Vous pouvez continuer tout seul avec le reste du tableau, je vous donne juste une précision pour le cerveau et en quoi le paradigme moderniste nous place le virus athée dans la tête :
Selon ce paradigme le cerveau est le siège de la conscience, l’être humain n’est qu’une machine évolué dont le moteur principal est le cerveau. Pour eux l’âme n’existe pas, tout ce qui existe c’est un cerveau évolué qui nous donne des sensations, des pensées. Lorsque le cerveau s’éteint, les processus ne fonctionnent plus et c’est fini.
Nous ne sommes qu’une machine pour eux. Cette croyance fait clairement diminuer la croyance en la vie après la mort (al akhira).

(Article en cours de construction, à terminer)

Adaptation des vidéos et articles de Daniel Haqiqatjou

Auteur de l’article : Rayan

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