NASIHAT – retour sur l’intervention médiatique de notre sœur Sara El Attar

بسم الله الرحمن الرحيم
Nous commençons par le nom de Dieu, Le Tout-Clément, Le Tout-Miséricordieux

Nous avons été interpellés par des membres de la communauté concernant l’intervention de notre soeur Sara El Attar lors d’une invitation à s’exprimer au sujet du “voile islamique” sur le plateau d’un média (CNEWS).

Nous avons attentivement pris connaissance de l’exposé afin d’apporter nos observations dans le but que notre soeur et de surcroît nos soeurs (ainsi que nos frères) puissent en bénéficier par La Grâce d’Allah.

Selon nos savants experts en la matière (mùjtahidùn, fùqaha, mùhaditùn) nous devons comprendre du terme “naçiha” toute bonne parole et tout bon acte qui sont sincères et déliés du mal.

La notion de “Naçiha” renvoie donc à la prédication faite pour enseigner et rappeler à ceux qui ne le savent pas, pour transmettre l’islam, pour enseigner les vertus et l’éthique. À travers ceci, aucune intention hormis la satisfaction d’Allah n’est voulue.

Les croyants doivent s’entraider et se soutenir ; et l’un des meilleurs soutiens est sans aucun doute le rappel.
“Et rappelle, car le rappel profite aux croyants.”
AD-DARIYAT Verset 55

Pour commencer, nous demandons à Allah, Le Tout-Clément, Le Tout-Miséricordieux, d’accepter l’intention de notre soeur à vouloir défendre son Dîn et la ´Ummah.

Nous disons donc à notre soeur que son intervention est respectable et audacieuse. Son tempérament est de bonne constitution pour affronter celui qui prend plaisir à
rabaisser l’islam, qui plus est nos soeurs. Nous soulignons de même l’éloquence dont elle a fait preuve et ses qualités d’oratrice, et toutes les louanges reviennent à Allah.

Analyse de l’intervention :
Nous ne nous attarderons pas sur les laïus des individus présents dans l’espace du studio. Nous connaissons et savons à la lumière de nos textes qui sont ces gens.

1) Il est communément admis chez nos mujtahidùn (éminents savants), nos fuqaha (juristes) et nos mùhaditùn (experts en science du Hadith) que dans les fondements du droit islamique les préceptes de la loi reposent sur deux socles :
– Ma’lùm minàd-dinî bid-darùra (prescriptions catégoriques et immuables)
Et
– Al Ijtihâd (sujets ouverts aux divergences)
Le voile, “al-khimâr”, est classé dans la catégorie des “Ma’lùm minàd-dinî bid-darùra”. De ce fait, pour une femme, ne pas porter le voile signifie effectivement être en contradiction avec les prescriptions de Dieu, n’ayons pas peur de l’affirmer.

2) Lorsque, grandiloquent, des journalistes mentionnent et citent certains détracteurs au service de l’Occident, nous pensons qu’il est absolument nécessaire de montrer qu’ils ne sont considérés et reconnus par personne hormis eux. La parole des pseudos “imams” des lumières et autres érudits de “l’islam de la république” n’ont aucune valeur pour les musulmans sunnites.

3) Notre sœur doit faire extrêmement attention à ne pas justifier ses propos à l’aide de la « démocratie », des « valeurs de la république » et/ou de « la laïcité » en tant qu’adoption et principes louables.
Ces concepts sont absolument, dans leurs formes et radicalement dans leurs fondements, antinomiques à l’islam. Chaque terme renvoyant à une définition précise, il est nécessaire de faire très attention à l’abus de langage et aux idées reçues : la laïcité n’est pas le symbole du vivre ensemble, comme la démocratie n’est pas le garant de la justice et la république du droit. En ce qui concerne le sujet du débat, il suffit de s’en tenir à la citation des lois (à savoir la définition juridique de la laïcité) et montrer la contradiction des discours médiatiques et des politiciens face à celle-ci en concluant sur le droit qu’ont les femmes sous l’autorité de cet État, de porter un voile. Le simple fait que des politiques et/ou leurs hommes de mains cherchent à définir ce qu’est l’islam, ce qui est permis ou non de faire au sein d’une religion va à l’encontre de cette fameuse laïcité.

4) Concernant le fait qu’un parent impose à sa fille le port du voile : premièrement, en France, une femme sera bien plus contrainte à ne pas se voiler que l’inverse (comme l’a souligné notre sœur). Mais condamnent-Ils cela ? Deuxièmement, les parents faisant des choix alimentaire, vestimentaire, éducatif, pour leurs enfants car l’autorité parentale le leur permet, il serait intéressant de lancer le débat sur celle-ci : fait-on mention, dans les textes de lois, d’une limitation de l’autorité parentale lorsque les choix des parents s’approcherait de l’éthique islamique ? Ceci ne serait-il pas contraire à la laïcité ? A l’inverse, si l’idée est d’être contre toute forme de coercition, le responsable légal n’a aucunement le droit d’obliger une fille à ne pas porter le voile.

5) Le féminisme et/ou le féminisme “pro-choix” est un mouvement tirant ses racines dans des principes allant à l’encontre des devoirs, noblesses, faveurs et responsabilités qu’octroient Allah et Son Prophète (à Lui Le Salut et La Paix) à nos mères, épouses et soeurs musulmanes ; il faut donc absolument éviter de se présenter à travers cet adjectif et d’en faire son apologie. « Musulman » suffit, nul besoin d’ajouter d’autres termes descriptifs à la suite, d’ailleurs, cela ferait écho à une personnalité islamique incomplète.

6) La liberté est une conception à appréhender à travers le prisme de l’islam. Un musulman ne peut pas défendre “La Liberté” telle qu’elle est définie par la république. La soumission aux lois d’Allah suffit pour exclure les musulmans de ce principe.

7) La politique n’est autre que la gestion des affaires des gens que ceci soit d’ordre économique, social, judiciaire, éducatif, etc. L’islam n’est pas uniquement une religion cultuelle, mais un mode de vie, alors comment séparer l’islam de la vie ? La politique est bien une branche de l’islam, et non des moindres. La notion d’islam politique serait donc presque un pléonasme.
Voici quelques preuves (liste non exhaustive) citées par nos savants soulignant cette vérité :
Coran 2/217 ; Coran 2/256 ; Coran 3/26 ; Coran 3/189 ; Coran 5/8 ; Coran 5/33 ; Coran 5/44 ; Coran 5/45 ; Coran 5/47 ; Coran 6/165 ; Coran 8/20 ; Coran 16/125 ; Coran 26/151-152 ; Coran 29/26 ; Coran 42/36-39 ; Coran 47/22-23 ; Coran 49/9-10 ; Coran 49/13 ; Coran 60/12.

8) Le Musulman doit bien entendu placer la Charia au dessus des lois de la république, c’est une question de credo (Aqida). Aucune loi n’interdit d’ailleurs de penser ainsi, donc inutile de tomber dans le conformisme. En effet, la république ne force pas les gens à adhérer à ses valeurs mais simplement de respecter ses lois, et c’est d’ailleurs l’un des arguments centraux des communistes, juifs orthodoxes, ou certains fondamentalistes chrétiens mettant tous leur idéologie au dessus de toute autre, sans aucun complexe. Attention, “légitimité” n’a pas de corrélation direct avec la “légalité” : penser qu’une chose est illégitime n’implique pas inévitablement de devenir hors la loi.
“Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants.”
AL-MA-IDAH 44
“Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont des injustes.
AL-MA-IDAH 45
“Ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers.”
AL-MA-IDAH 47
D’après Imran Ibn Husayn (qu’Allah les agrée), le Prophète (à Lui Le Salut et La Paix) a dit: « Il n’y a pas d’obéissance à une créature dans la désobéissance au créateur ».
(Rapporté par Ahmed)

9) Prendre en exemple les pays dit “musulmans” dans les années 50, 60, ou 70 en omettant de parler de leur colonisation quelques années auparavant (les britanniques plus précisément dans le cas de l’Égypte) qui aboutira à l’acculturation et l’imposition des valeurs occidentales aux peuples qui s’y trouvaient, est particulièrement hypocrite de la part des autres invités. Mais ce genre de commentaires est une perche à saisir pour rebondir.
Nous pourrons expliquer à notre soeur la politique égyptienne de ces décades passées si elle le souhaite. De même, pour ce qui est de la tradition française, ils sembleraient oublier que les mœurs des français durant leur époque de référence sont bien plus proche de l’éthique islamique que celles contemporaines. Aussi, la tradition française n’est en aucun cas un argument en terme de droit ; sinon pourquoi n’interdisent-ils pas aux gens d’aller à la Gay Pride au nom de la tradition française ?

Ne perdons pas de vue que le viseur est pointer sur l’islam, non sur le voile, la barbe, ou la bise, qui ne sont que des détails et des ramifications. Leurs questions concernant l’islam politique, et/ou la Charia ne sont pas anodines mais permettent de créer la division dans nos rangs, séparant ainsi les gentils musulmans conformes à leurs idéaux des “méchants”. Naëm Bestandji ou Ghaleb Bencheikh, en disant que le voile n’était pas une injonction divine et ne figurait nullement dans le texte coranique cherchait certainement la satisfaction de leurs interlocuteurs (conformisme) ou au mieux, parlait par ignorance. Malheureusement, ces paroles se répercutent sur des personnes telle que Sara, connaissant et ayant assimilé le sujet, se soumettant ainsi au commandement divin en se voilant ; mais certaines paroles du discours de Sara peuvent avoir le même effet pour d’autres. En effet, elles peuvent être aussi néfastes pour des frères et sœurs ayant compris la globalité de l’islam, le sens de la Charia et de sa sphère politique que les paroles de Naëm Bestandji et Ghaleb Bencheikh sont néfastes pour les femmes voilées.

In fine, nous disons à notre soeur que cet exercice est difficile et périlleux car un certain ‘ilm (savoir) est requis pour ne pas contrevenir par méconnaissance aux prescriptions islamiques.
Cette discipline, demande une préparation rigoureuse car l’islam est un dépôt :
« En vérité, Nous avons proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes “Al Amânah”. Ils ont refusé de le porter et en ont eu peur, alors que l’homme s’en est chargé ; il est vraiment foncièrement injuste et ignorant.»
AL-AHZAB 72
Nous comprenons cependant, l’envie de nos frères et soeurs de venir sur les plateaux pour défendre leur Dîn avec honneur et fierté devant certains vautours.

Et Allah est Celui qui sait le mieux – Wa Allahù A3lem

Young Muslim Thinkers

Auteur de l’article : Rayan

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