Repenser l’éducation

Petit résumé d’une allocution du cheikh Yasir Qadhi à propos du système éducatif musulman.

Comme chacun sait, il existe deux types de savoir : le savoir religieux/sacré et le savoir profane.

Les oulémas avant l’époque moderne maitrîsaient les deux types de savoirs. Il n’y avait pas cette séparation. Les oulémas étudiaient tout. 
Aujourd’hui il existe une séparation et une hyper spécialisation qui mène à des catastrophes. Les oulémas ne connaissent quasiment rien à propos des sciences mondaines : physique, math, astronomie, médecine, sociologie, sciences politique, etc. Cela mène à des fatawas ridicules et à un fossé entre les oulémas et la masse des musulmans puisque ces derniers se sentent incompris et que les oulémas perdent en crédibilité.

Les études islamiques sont maintenant dévalorisées : les gens font tout pour envoyer leurs enfants dans les études profanes comme la médecine, l’ingénieurie, etc. les sciences islamiques sont souvent le dernier recours pour des enfants avec un minimum de compétences dont on espère qu’ils finiront juges ou au pire imam afin d’avoir une position sociale correct. On se retrouve donc avec des gens peu compétents qui font des cursus islamiques et qui se spécialisent dans une branche et une seule alors qu’ils n’ont que très peu de connaissances dans les autres connaissances.

Et de l’autre côté, les musulmans qui se spécialisent en science profanes : docteurs, architectes, ingénieurs, etc. ne connaissent quasiment plus rien en sciences islamiques. C’est tout juste s’ils connaissent les piliers de la foi et de la religion et pratiquent un minimum.

Un autre gros problème est la totale dévalorisation de la valeur de la science islamique de nos jours. Les gens pensent que la science islamique c’est du gateau, qu’on peut apprendre par soi-même en autodidacte en lisant deux trois trucs sur internet et ça y est on peut faire des fatawas, des débats, qu’on maîtrise la religion. En réalité la science islamique est très difficile et demande des années d’apprentissage pour être compétent, au même titre que toutes les autres sciences. Yasir Qadhi lui-même explique qu’il a bien plus galéré pour avoir son master en science islamique que son master en biologie.

Pour résumé les tares du système islamique contemporain : division entre savoir islamique et savoir profane, ignorance réciproque des deux types de savants : savants religieux sont médiocres en sciences profanes et savants profanes sont médiocres en sciences religieuses, dévalorisation de la science islamique chez la masse musulmane. Tout ça mène à la catastrophe actuelle d’une déconnection entre les musulmans et leurs oulémas. La masse musulmane se tournant vers une sorte de consumérisme religieux ou chacun se concocte son self-islam au gré de ses lectures.

 

Auteur de l’article : Rayan

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