Sept messages pour ceux qui “quittent l’Islam”

Il existe une expression arabe “aslamat Sārah, lā zād al-Muslimūn wa lā qalat al-nasārā”, qui signifie littéralement : “Sarah s’est convertie (à Islām), sans augmenter le nombre de musulmans ni réduire celui des chrétiens”. L’expression est parfois dite, lorsqu’une personne quitte Islām, comme un “et alors?” idiomatique. En tout cas, ce n’est pas une expression tout à fait raisonnable. Entrer ou sortir de Islām n’est pas une question à prendre à la légère.

Cependant, ces derniers temps, certains considèrent que se vanter de quitter l’Islām est “très courageux”, même dans une société en proie à l’islamophobie et où la décadence règne en maitre, le proverbe cité plus haut redevient pertinent. Ainsi, si vous tremblez à l’idée d’apprendre que telle ou telle célébrité n’est plus “convaincue” par l’Islam, voici sept points pour vous rassurer.

 

I. L’Islām ne dépend pas de ses adhérents, contrairement à d’autres religions et systèmes

L’Islām n’est pas une réalité qui a besoin d’être validée par l’homme. C’est une réalité qui transcende l’univers et qui régit tout ce qui s’y trouve. En fait, il fut un temps où un seul musulman était appelé la “communauté” à lui tout seul :

Ibrahim était un guide (‘Ummah) parfait. Il était soumis à Allah, voué exclusivement à Lui et il n’était point du nombre des associateurs. (Qur’an 16:120)

Le message a tenu bon contre toute attente. Ibrāhīm (paix sur lui) ne considérait pas sa singularité comme une menace existentielle pour le message de l’Islam, car il savait que son Seigneur le préservait. L’islam a survécu aux croisades du 11e siècle, aux campagnes mongoles du 13e siècle et à l’inquisition espagnole du 15e siècle. De nombreuses doctrines politiques, religions et courants se sont éteints avec la disparition de leurs adhérents, à l’exception du monothéisme abrahamique pur et dur qui a remarquablement survécu. Que nous soyons nombreux ou pas, l’Islam survivra.

II. L’âge d’or de l’Islām fut une époque où ses adhérents étaient peu nombreux

Avoir beaucoup de gens à ses côtés ne peut pas être une mauvaise chose, et l’Islām ne dénigre pas les grands nombres. En fait, le prophète (paix et salut sur lui) a dit :

“Épousez celle qui est fertile et aimante, car je me vanterai de votre grand nombre.” ( Sunan an-Nasa’i)

Mais la qualité a toujours été centralisée au sein d’un petit nombre. Un petit nombre a suivi Nūh (paix sur lui), peu ont traversé la rivière avec Tālūt pour affronter les forces de Jālūt, et un petit nombre ont été persécutés aux côtés de ‘Īsā le fils de Marie (paix sur eux). La bataille de Badr est d’un commun accord l’une des plus importantes batailles de l’Islām, mais avant l’affrontement, le prophète (paix et salut sur lui), a supplié (dans le sens du hadith):

“O Allāh ! Réalise ce que Tu m’as promis. O Allāh ! Si ce groupe (de musulmans) est détruit, plus personne sur Terre ne sera là pour t’unifier…” (at-Tirmidhi)

Abu Bakr al-Siddīq avait une foi pesant plus que les masses de la Oumma réunies,[rapporté par Bayhaqi], Al-Qa’qa’ ibn ‘Āmr, dont la voix et la contribution militaire ont été plus efficaces que 1000 hommes[rapporté par Ibn al-Athir].

En fait, “beaucoup” n’a presque jamais été mentionné dans le Coran, sauf avec une forme de réprobation. “Beaucoup de gens du Livre aimeraient vous faire redevenir des mécréants après que vous soyez devenus croyants”[2:109] “Beaucoup d’hommes sont des déviants”[5:49] “Beaucoup de gens sont sûrement insensibles à nos signes”[10:92]. La liste est longue.

C’est à l’époque où la “Oumma” était composée de quelques milliers de personnes, et non de centaines de millions, que les empires de l’Est et de l’Ouest se sont inclinés et ont capitulé. C’est ce petit collectif qui a entendu le Prophète (paix et salut sur lui) leur dire :

“Les meilleurs de l’humanité sont ma génération, puis ceux qui les suivent, puis ceux qui les suivent”. [Muslim]

III. Notre joie quand les gens se convertissent est pour eux, pas pour nous

Voir un nouveau musulman réciter la shahada est extraordinaire. Nous sommes heureux d’y assister. Mais dans de nombreux cas, il se peut que nous ne revoyions jamais le frère ou la sœur. Et bien que le fait de voir quelqu’un embrasser Islām augmente ou renforce souvent notre propre iman, notre bonheur est avant tout désintéressé. Nous sommes heureux pour eux. C’est leur passé qui est effacé, leur vie qui a pris un tournant décisif pour le mieux et leur avenir qui a été sauvé. C’est leur capacité à voir au-delà des mythes et de la propagande islamophobe que nous admirons avant tout.

Nous aimons quand les gens deviennent musulmans non seulement parce que nous voulons voir en eux ce que nous n’avons pas vu en nous-mêmes, mais aussi parce qu’une personne de plus s’est sauvée de l’enfer et nous a absous de ses plaintes le jour de la Résurrection. En fait, matériellement, nous n’avons pas grand-chose à y gagner, si ce n’est le devoir de donner de longues leçons sur le Ghusl et le Wudū, et de penser à cet “étudiant” qui nous remplacera un jour pour nos insuffisances, comme le dit Allāh :

Et si vous vous détournez, Il vous remplacera par un peuple autre que vous, et ils ne seront pas comme vous. [Qur’an 47:38]

Voir quelqu’un abandonner l’Islam ne fait mal que pour le contraire : qu’il a échoué devant l’obstacle, s’est vendu et a jeté une longue vie aux oubliettes, qu’il a donné la priorité à la satisfaction passagère plutôt qu’au succès à long terme. Cela nous rappelle la déclaration de Hudhayfah b. al-Yamān :

La chose que je crains le plus pour cette Oummah, c’est qu’ils privilégient ce qu’ils voient par rapport à ce qu’ils savent ; et qu’ils se trompent ainsi sans s’en rendre compte. [Hilyat al-Awliyā’, Abū Nu’aym al-Asbahānī]

IV. Séparer le bon grain de l’ivraie

Les examens séparent les meilleurs élèves des plus mauvais. Les difficultés font ressortir la vraie nature des gens, ceux qui peuvent résister à la tempête et ceux qui craquent sous la pression. L’idée que quitter l’Islām est une chose “très courageuse” à faire est tout simplement ridicule. Les musulmans britanniques sont confrontés à plus de 1000 crimes haineux par an et ont trois fois moins de chances d’être pris en considération pour un emploi.

La plupart des défis et des difficultés dans le monde d’aujourd’hui sont rencontrés par les musulmans. La diffamation des musulmans est devenue l’aliment de base des médias mainstream comme des médias complotistes d’extrême droite. Être “très courageux”, c’est être un musulman sûr de soi, et non quelqu’un qui abandonne l’Islam pour rejoindre les rangs de la classe/idéologie “dominante”.

Les Quraysh de La Mecque pensaient avoir été plus malins que le Prophète (paix et salut sur lui) lorsque, dans le Traité de Hudaybiyah, ils ont stipulé que les personnes quittant Médine pour rejoindre La Mecque ne seront pas renvoyées au Prophète. Ils ont oublié que lorsqu’on relève un défi, on peut précisément se passer d’un départ. A une autre occasion, lors de la bataille de Uhud, un contingent de soldats dirigé par l’hypocrite Abdullāh b. Ubay b. Salūl a quitté le Prophète et ses compagnons, pour rentrer chez eux. Plus tard, pendant la campagne de Tabūk, les hypocrites sont restés en arrière. Mais au lieu de souligner la vulnérabilité de ce qu’est devenu le contingent beaucoup plus petit de musulmans qui se sont dirigés vers les profondeurs des terres romaines, Allah dit (dans le sens du verset) :

“S’ils étaient sortis avec vous, ils ne vous auraient apporté rien d’autre que de la confusion.”

On dit que “parfois, plus c’est moins”. Le mot même “fitnah – yuftan” vient de l’application de la chaleur à un minerai pour faire ressortir un métal de base, en enlevant les impuretés et en purifiant le métal précieux. Comme quand Allāh dit :

Est-ce que les gens pensent qu’on les laissera dire: “Nous croyons!” sans les éprouver? [29:2]

C’est cette chaleur qui frappe particulièrement les musulmans qui ont “le cul entre deux chaises”, prompt à mettre leurs manquements sur le compte de l’Islam, au lieu de s’attaquer aux causes réelles de leurs échecs, ils finissent par troquer leur au-delà pour l’illusion du succès ici-bas.

Allah dit (dans le sens du verset) :

Il en est parmi les gens qui adorent Allah marginalement. S’il leur arrive un bien, ils s’en tranquillisent, et s’il leur arrive une épreuve, ils détournent leur visage, perdant ainsi (le bien) de l’ici-bas et de l’au-delà. Telle est la perte évidente! [22:11]

Les personnes qui quittent Islām doivent savoir qu’elles ne laissent derrière elles qu’une base plus pure, un assemblage plus sûr et un noyau plus ferme et mieux soudé, prêt à affronter n’importe quelle épreuve.

V. Être musulman n’est pas censé être une promenade de santé

L’altruisme, la charité, la bonne éducation des enfants, être bon envers ses voisins, résister aux tentations, lutter contre les injustices : voilà le travail d’un musulman, et bien plus encore. L’Islām n’est ni une mode, ni une simple identité, ni une possession matérielle qui correspond à nos habitudes et à nos désirs. Il a été envoyé pour nous guider vers ce que nous savons et vers ce que les distorsions d’une époque nous ont fait oublier.

Certains quittent l’Islām après avoir eu l’impression d’avoir enduré plus qu’ils ne peuvent supporter. Tout musulman trouve une chose ou une autre difficile, pourquoi certains supposent-ils que la plus grande récompense d’Allāh, le Paradis, devrait être gratuite et facile à atteindre ?

Un vrai champion n’entre pas sur le ring avec l’intention de jeter l’éponge à la moindre difficulté, au contraire il insiste pour se relever à chaque fois qu’il est envoyé au tapis. C’est ce que dit Allāh :

Ô homme! Toi qui t’efforces vers ton Seigneur sans relâche, tu Le rencontreras alors. [84:6]

Beaucoup aiment rappeler qu’ils “travaillent dur sans relâche”, “no pain no gain” (et tout un tas d’autres expressions pour montrer que ce sont de grands bosseurs) pour économiser en vue d’un voyage, se payer une maison ou s’acheter une voiture de rêve. Pourquoi pensent-ils alors que pour obtenir le Paradis ils ne devraient pas travailler dur ? Pourquoi pensent-ils que l’Islam, cette clé pour le Paradis, devrait être compatible avec leurs désirs et leurs passions ?

VI. La plupart des personnes qui apostasient, ne le font pas pour des raisons idéologiques

L’histoire et l’époque contemporaine ont montré qu’il n’existe pas d’idéologies qui puissent rationnellement concurrencer Islām. Les islamophobes s’amusent à railler, à se moquer et à diffamer les musulmans, mais pour un débat civilisé, il n’y a plus personne.

Ainsi, la majorité des personnes qui quittent l’Islam, le font (la plupart du temps) soit en raison d’une mauvaise expérience qu’ils ont eu, soit en raison de l’incapacité à rationaliser un enseignement islamique avec une idéologie différente, une norme culturelle, une pratique ou leurs passions, souvent charnelles.  Soyons réalistes, est-ce que ce sont des analyses scientifiques et philosophiques poussées qui poussent la plupart des gens à remettre en question le Coran, ou simplement l’envie d’avoir des relations sexuelles libres sans culpabilité ?

Satan savait que c’était l’ordre de Allāh auquel il désobéissait, mais il voulait valider son complexe de supériorité “Je suis meilleur que lui, Tu (Allāh) m’as fait à partir du feu, et tu l’a fait à partir de l’argile”. Ses gaffes intellectuelles étaient dues au fait qu’il n’avait pas de pied idéologique sur lequel se tenir. La raison pour laquelle il a quitté l’Islam est que son arrogance persistante a entamé sa capacité à être fidèle à Allah.

Il est utile de se souvenir de tout ceci lorsque l’on considère la majeure partie des attaques lancées contre les fondements de l’Islām.

VII. En étant musulman, tu ne rend service qu’à toi même.

Certains Bédouins ont adopté l’Islām vers la dixième année de l’Hégire, longtemps après la persécution sévère de La Mecque, la hijra vers Médine, la bataille de Badr, celle d’Uhud et celle de la tranchée. Bien que ces Bédouins n’aient en rien participé à tout cela, ils ont estimé que leur Islām méritait l’appréciation du Messager (sall Allāhu ‘alayhī wa sallam), oubliant que ce sont eux qui auraient dû montrer leur gratitude à Allāh pour son cadeau inimitable qui leur est parvenu sur un plateau d’argent dans des jours bien plus confortables :

Ils te rappellent leur conversion à l’Islam comme si c’était une faveur de leur part. Dis: “Ne me rappelez pas votre conversion à l’Islam comme une faveur. C’est tout au contraire une faveur dont Allah vous a comblés en vous dirigeant vers la foi, si toutefois vous êtes véridiques”. [49:17]

De même, les personnes qui quittent l’Islam doivent savoir que personne n’a estimé que leur départ était bouleversant, révolutionnaire ou une faille monumentale dans une Da’wah qui est divinement préservée et administrée par des hommes et des femmes admirables.

L’Islām d’une personne ne profite pas à Allāh pour que son départ lui nuise. De même, rien de ce que Allāh nous a imposé ne bénéficie à Allāh dans la moindre mesure. Il était le Tout-Puissant avant tout ce qui existe et notre obéissance n’augmente en rien sa Puissance.

Toute obligation individuelle est également une obligation pour le reste de la société. Tout comme Allāh vous a ordonné de ne pas voler et de baisser votre regard, Il a également ordonné à des millions d’autres personnes. Alors, qui finit par en profiter ? Vous-même. Vous êtes le bénéficiaire – que vous le réalisiez ou non – de ce qui est Halāl et de ce qui est Harām.

Lorsque les messagers ont appelé leur peuple à l’adoration d’Allāh, leur peuple a-t-il généralement accepté ou rejeté leur appel ? Ils l’ont rejeté. Cependant, presque tous les prophètes dont nous avons été informés ont dit à leur peuple : “Je ne vous demande aucun paiement. Mon paiement vient uniquement du Seigneur des mondes”. Et ce, malgré le fait qu’ils savaient pertinemment que leur peuple était moins que prêt à payer pour quelque chose qu’il avait rejeté au départ ! C’est comme si les prophètes leur disaient : “Puisque je vous appelle à ce qui est entièrement à votre avantage, je mériterais autrement instinctivement d’être payé pour cela, mais l’ampleur de cet avantage que je vous apporte est si grande que personne, à part Allāh, ne peut le payer”.

L’islām est un privilège et une bénédiction inimitables, un mode de vie et de salut qui attire pour chaque apostasie des centaines de nouveaux adhérents. Ce qui est “parfait” le reste, même si une personne faible et naïve préfère le jeter pour une liberté éphémère en retour. De même, ce qui est parfait ne peut pas être amélioré par ses adeptes. C’est l’Islam qui est un privilège pour eux, et ils craignent de le perdre, comme ils craindraient d’être jetés au feu :

“Seigneur! Ne laisse pas dévier nos cœurs après que Tu nous aies guidés; et accorde-nous Ta miséricorde. C’est Toi, certes, le Grand Donateur!” [3:8]

 

Traduction et adaptation d’un article d’Ahmed Hammuda disponible ici : https://www.islam21c.com/theology/seven-messages-for-those-who-leave-islam/#_ftn22

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