Témoignage sur la réalité du “coaching”

Merci à la page https://www.facebook.com/AlMujaddida/ pour son aimable autorisation de diffusion. 

 

Après avoir discuter ce soir même avec une sœur qui nous a confié son parcours, nous lui avons demander de retranscrire en détail son vécu. Des paroles émouvantes qui ne peuvent que sensibiliser les coeurs et nous rappeler l’important dans nos vies. Comment nous sommes séduites par de fausses promesses et comment le diable nous berce d’illusions en nous faisant troquer le vrai par le faux, notre religion par un pseudo bien-être et réussite.

Lisez bien ce qui va suivre :

« Et bien pour résumer, je suis de celles qui sont mentionnées pour leur “fermeté et engagement religieux” (je ne suis pas d’accord avec cette étiquette qui m’a été collée, mais je la mentionne afin que vous ayez une idée de là où “j’étais” et là où je suis allé). Et d’ailleurs, je me suis toujours senti proche de vous, ou K. de Médite, ou d’autres sœurs qui étaient à l’époque sur Facebook. Vos écrits ressemblaient aux miens, et j’aimais me concurrencer (très fraternellement) avec vous, dans mon imagination. 
Bref

Cet été, après pas mal de petites épreuves la fatigue s’est installée et donc une belle baisse de foi, comme je n’en ai jamais connu.
Je reviens sur les réseaux sociaux pile au moment où la mode du coaching a commencé à toucher mon entourage : une amie proche que j’aime bcp paraît métamorphosée, heureuse, libre, rayonnante. Et moi je me sens faible, inutile, molle, gâchée, éteinte. Tout ce truc de coaching ne m’avait jamais inspiré, c’était même quelque chose dont je me méfiait et “moquait”. Mais le fait qu’une amie intime soit dedans ne m’a pas laissé indifférente, bizarrement toutes mes barrières de protections tombent, toutes mes moqueries sur le sujet s’envolent. Elle était à fond, elle même accompagnée par une coach. Je savais à quel point elle traversait depuis plusieurs mois une très mauvaise période et la voir d’un coup d’un seul si heureuse, si épanoui m’a poussé à ne me poser aucune question. Je me disais : “Il a suffit qu’elle se fasse aider par une coach pour aller aussi bien, alors pourquoi pas moi ? Et si me faire aider de cette manière était ce qui m’aiderait à aller mieux, retrouver la force d’être une bonne épouse, une bonne mère, une bonne musulmane ?”. Mais mon époux lui se posait des questions, alors finalement je suis redevenu hésitante. Je savais au fond de moi que le bonheur ne se trouvait ni en moi ni en mes enfants ni en je ne sais qui ou quoi, mais en mon din. 
Mais mon amie elle, était à fond. Et je ne lui en veux pas, parce qu’au final elle était tellement convaincue que son truc était la clef, qu’elle voulait le bien pour moi comme elle l’avait trouvé pour elle-même. Alors elle a fait sur moi ce que sa coach avait fait sur elle : speech de vente, promesse que ma vie allait changer, promesse que j’allais pouvoir gagner de l’argent en travaillant comme et quand et où je veux, promesse que j’allais découvrir ma mission de vie, etc. Proposition de coaching, annonce du tarif (‘umrah pour deux personnes), 48h pour donner ma réponse. Pression. J’hésite énormément. Mon époux n’est pas d’accord. Alors j’en fais pars à mon amie et elle me rappelle que si je veux je peux le faire changer d’avis, parce que nous les femmes on a ce pouvoir. Et oui, je l’ai ce pouvoir. Et il veut tellement mon bien, et ne demande qu’à me voir épanoui. Il me fait énormément confiance parce que lui aussi me connaît comme étant une femme ferme et engagée religieusement. Alors il signe le chèque. 
Mon amie est heureuse et moi aussi, comment est-ce que ça ne pourrait pas fonctionner alors que justement, nous sommes amies. Je sais qu’elle ne m’arnaque pas et surtout, que ma foi et mes principes ne seront pas en danger avec elle.

Voilà comment je deviens à mon tour une coaché. Et les séances me poussent à très vite associer la baisse de ma foi à ma transparence dans ce monde, mon inutilité dans ce monde. Je suis convaincu quand je dis que si ma foi va si mal, si mes actes sont devenus si lourd à effectuer et mes péchés si nombreux c’est uniquement parce que je n’ai pas de “mission de vie” en plus de celle d’adorer Allah. Puisque je ne suis pas épanouie professionnellement alors ma foi ne peut pas mieux aller. Puisque je suis entouré de femmes qui ne font “que” éduquer et instruire leurs enfants et qui se plaisent dans leur routine (jugée dégradante, “pourrie”) alors je ne peux pas aller mieux. Je dois m’entourer de femmes qui bougent (et bien-sûr qu’on voit bouger), de femmes qui veulent impacter le monde aux yeux de tous. J’en viens à me dire qu’être juste mère et instructrice de mes enfants, épouse, étudiante à l’université française et en institut islamique privé n’est pas suffisant. Qu’être engagée dans une petite association de ma ville n’est pas assez beau et fort, et gratifiant. Je me convainc, avec les séances et les nouvelles personnes (virtuelles) que je fréquente, que je ne serais jamais heureuse si je reste à cette place. 
Et je veux maintenant de l’argent, beaucoup d’argent, parce qu’avec l’argent je pourrais réaliser mes rêves (sadaqah djariyah, voyages, financement de belles causes…). Moi qui n’a jamais aimé avoir trop d’argent, aujourd’hui je n’y vois aucun problème puisqu’après tout pour aider la communauté il en faut.

Après deux semaines de coaching (ma coach) mon amie vient à la maison. On habite loin l’une de l’autre, et ça fait un an qu’on ne s’est pas vu. Alors je suis toute excité. Surtout que je la vois maintenant comme un modèle de réussite, comme un exemple de motivation, comme une source d’inspiration. On s’aime beaucoup et on a vécu de belles choses, je suis alors très heureuse de la retrouver. 
Dans mes relations je ne me sens jamais au dessus ou en dessous. Mes relations je les vois toujours comme un duo complémentaire, une petite équipe. Mais depuis le début du coaching j’avais placé cette amie au dessus de moi, meilleure que moi en tout point. Pourtant de nature absolument pas influençable et étant même perçu comme une “leader”, je suis éblouie par elle et bois presque chacune de ses paroles. Nous passons une soirée folle. Chez moi, à parler de tout, et mêmes de choses dont je n’aurais jamais accepté parler, je suis en train de flancher sur cette fameuse “fermeté” religieuse.
On est dans le même délire, convaincues d’être enfin sur la bonne voie, et d’avoir traversé certaines épreuves dans le but d’en faire quelque chose de visible aux yeux de tous et audible à tous. On veut faire le bien, uniquement le bien, mais pour faire le bien on flanche sur certains principes sur lesquels on été pourtant fermes. Mais je n’y vois aucun mal, parce qu’à mes yeux rien n’est interdit, et je m’empare du côté miséricorde et uniquement miséricorde. Les mises en garde et limites fixées par mon Seigneur me paraissent tout d’un coup moins strictes et plus malléables que ce je pouvais penser encore deux semaines plus tôt.
Après deux jours passées ensemble on se quitte, et nos séances continuent.

Ma mission de vie ? Je pense très rapidement l’avoir trouvé : je suis de celles vers qui tout le monde se tourne pour parler, se confier, pour avoir un rappel, retrouver du courage et de la motivation. Alors pourquoi ne pas en faire mon métier ? Et c’est ainsi que je prends la décision d’être coach.
Je ne veux pas promettre à mes clientes qu’elles gagneront de l’argent comme on me la promis car je ne me sens pas capable d’aider les gens pour ça et surtout j’ai trop peur de cette responsabilité. Et pour cela ma coach est un modèle pour moi, car notre contrat était le suivant : j’avais un objectif financier à atteindre, elle ne me lâcherai pas tant qu’il n’était pas atteint. Et je voulais tellement être capable de faire la même chose. Mais je me suis convaincu que ma mission était différente. Je propose quelques contrats à mon entourage avec la même promesse pour toutes : tu es triste, tu vis un moment difficile dans ta foi et ta relation avec Allah Subhanahu wa Ta’ala, alors je te propose de t’accompagner X temps pour t’aider à aller mieux, à reprendre du poil de la bête, à trouver ce pourquoi Allah Subhanahuwa Ta’ala t’a créé en dehors de l’adoration, t’aider à trouver ta mission de vie, etc.
J’étais hyper sincère, car je m’adressais à des femmes qui étaient dans le même état que moi j’ai été durant tout l’été avec cette baisse de foi, et j’y croyais très fort puisque depuis trois semaines de coaching j’allais bcp mieux : meiilleur rythme quotidien, meilleur gestion du temps, motivation boosté, positive attitude. Pourquoi ce qui a marché sur moi ne marcherait pas pour celles que j’accompagne ? J’étais vraiment sincère, du fond de mon cœur, et ce que je voulais n’était pas pousser les femmes à s’émanciper ou se dévergonder, mais ne plus déprimer et se sentir loin de leur Seigneur.
Depuis trois semaines je suis hyper excité, je rayonne à la maison comme le soleil, j’organise mes rdv avec mes clientes, je leur donne un million de bons conseils, mais mon époux lui m’observe et me fait doucement remarquer que… Ce n’est pas pour autant que mon engagement religieux est revenu, ou que mes obligations religieuses sont appliquées avec autant de dévotion qu’avant.
Tiens, petit pic qui commence à me trotter…
J’intègre un groupe privé sur facebook régi par un musulman, coach, entrepreneur, qui vit une vie de rêve avec sa famille. Qui fait beaucoup de bien dans la communauté, qui mène des actions, etc. Je rentre dans le game. Je décide de me lancer de manière officielle. Je me déclare ouvertement, je créé mon site et mes réseaux sociaux que j’alimente chaque jour avec un joli texte écrit le matin tôt sur la motivation, la confiance en soi, la bienveillance envers soi-même, le pardon, la mission de vie, comment briller sur le monde, impacter le monde, etc. Je reçois des commentaires très flatteur, des demandes de coaching.
Je commence à passer énormément de temps dans mon travail, à ne plus avoir le temps de manger parce que pour avoir des femmes à aider (je n’aimais pas les voir comme des billets mais comme des femmes à aider, parce que j’avais soif de don de moi, envie d’aider, de faire le bien, convaincu que tous mes maux étaient dû à mon inutilité dans ce monde) il faut être visible. Et dans le monde du coaching il y a… beaucoup de coach.
Je commence à avoir de l’argent et à pouvoir réaliser quelques uns de mes rêves : faire des cadeaux à mes proches, faire de bonnes actions, participer à de grands projets.
Puis je commence à me fatiguer. Je ne suis plus inspiré. Ma coach me conseille de passer aux vidéos, parce qu’une vidéo ça en dit plus, ça en montre un peu plus de nous, ça attire.
Il a toujours été hors de question de montrer mon visage sur internet avec une photo ou une vidéo. Mais finalement, pourquoi pas ma voix ? Je suis poussé dans ce sens mais catégoriquement bloqué par mon époux qui lui ne flanchera pas cette fois-ci. En attendant de trouver une solution et de l’inspiration je commence à poster ma vie (ce que je mange, mes activités). C’est pourtant quelque chose que j’ai aussi toujours détesté, et me voilà avoir posté (seulement trois photos, mais trois de trop) ce que mange et ce que je fais.
Je suis poussé aussi à parler ouvertement de mes épreuves, quitte à exposer ma famille qui n’a rien demandé. Parler de mes épreuves et mon passé au grand jour, pour montrer comme je suis forte et comme je suis grande aujourd’hui. Pour montrer comme je comprends celles qui sont passé par la même chose que moi. Mais une fois de plus mon époux fait bloc. Certaines choses sont trop importantes et peuvent compromettre la tranquillité de ma famille si elles sont exposées aux yeux de tous. Alors je suis tiraillé, et tout ça continue de me trotter…
Je commence à retomber dans le même état que j’étais avant de commencer le coaching, il y a donc un mois en arrière. L’euphorie retombe, les questions reviennent, le soleil qui rayonnait à la maison se couche, et très vite je me demande “est-ce que j’allais vraiment mieux ?”
Je me souviens qu’à la base ce que je cherchais à travers un coaching c’était d’aller mieux, spirituellement et moralement. Pas juste professionnellement ou financièrement. Je me rappelle que je n’ai jamais voulu travailler pour travailler, ni avoir mon propre argent, que ça n’a jamais été un de mes objectifs de vie, et que ce qui m’a attiré avant tout dans le coaching était le fait d’être épanoui, se faire aider pour aller bien, retrouver l’envie et surtout, les douceurs de la foi.
Cela fait maintenant cinq semaines que je suis coaché, et trois semaines que je suis coach. Et me revoilà comme avant tout ça, parce qu’après avoir goûté à l’argent, à la visibilité, je suis dégouté. À en vomir et à ne plus avoir d’appétit. Parce que ce n’est pas moi. Je fais du bien, j’aide des femmes, mais tout ce qui a autour, tout ce monde et toute son ambiance me dégoute.
Sur ce fameux groupe que j’ai intégré depuis deux semaines, même si je ne m’exprime jamais, j’observe et je vois des choses qui au début me paraissent bien, belles, non blâmables parce que fraternelles, mais très vite la vraie moi crie et se bat comme pour reprendre sa place. La mixité me répugne, les vidéos des sœurs et des frères mélangés me mettent mal à l’aise, chacun raconte sa vie, ses projets, ses secrets, ses épreuves. Chacun commente, couvre de compliments, s’expose.

Avec ma coach nous n’arrivons plus à placer une séance. Soit elle n’est pas disponible, soit je ne le suis pas. Soit elle me propose des créneaux qui ne m’arrangent pas, soit elle annule ou j’annule. On est censé travailler sur moi-même et plus sur mon rôle de coach, sur ce qui ne va pas chez moi, ma vie et mes relations,
mais rien ne se fait.
Depuis quelques jours je n’alimente plus mes réseaux sociaux du tout, je ne réponds plus aux messages. Je ne veux pas de nouvelles clientes mais me concentrer sur celles que j’ai déjà et tout faire pour être un réel atout pour elles, et leur foi.
J’ai vais tout plaquer, je suis trop mal à l’aise et je ne me reconnais finalement absolument pas dans ce monde. Mais alors je me demande, qu’est-ce qui continue de clocher chez moi ? D’où vient cette baisse de foi ? Pourquoi n’ai-je plus envie d’étudier, plus envie d’instruire mes enfants ? Plus envie de travailler le Coran comme avant ? Pourquoi n’ai-je plus cette dévotion au sein de notre association ? Je ne sais toujours pas, mais je suis maintenant convaincu que cela n’est pas lié à cette fameuse promesse que promet le coaching. Non, ce n’est pas lié à ma vie “basique”, ou à ma transparence dans le monde des grands visibles. Puisque j’ai été visible trois semaines, j’ai eu beaucoup d’argent et j’ai pu en faire pas mal de choses, et que je vais toujours aussi mal.
Je passe une semaine décisive, très douloureuse et sombre mais décisive. Et je décide d’en parler à une sœur en Allah, car je me reconnais (la vraie moi) en elle. Après lui avoir expliqué ce que je fais depuis peu de temps et pourquoi j’ai décidé de le faire (faire du bien à la communauté) je lui pose la fameuse question “Qu’est-ce que tu penses du coaching ?”. Et sa réponse me… transperce. Chacun de ses mots sont mes mots. Chacune de ses idées sont mes idées. Mais alors pourquoi est-ce que j’ai besoin qu’on me le rappel pour m’en souvenir ? Pourquoi ai-je besoin de l’entendre alors que je le sais ?

J’avais oublié que notre bonheur est en notre din, que notre développement personnel c’est l’islam, qu’Allah Subhanahu wa Ta’ala a pensé à tout cela bien avant de nous créer. Qu’il a révélé un code de conduite, qui s’il est compris et appliqué, guérit tous les cœurs et tous les maux, purifie toutes les âmes.
J’avais oublié que la femme musulmane peut briller mais n’a pas à le faire en se mélangeant, en se montrant exagérément, en délaissant certaines responsabilités liées à son troupeau au profit de son épanouissement personnel.
J’avais oublié mais je me le rappel désormais, et je plaque tout. Je redeviens moi même et je me souviens d’une chose terriblement importante : Allah Subhanahu wa Ta’ala nous éprouve sur notre foi aussi à cause de nos péchés. Si je me sentais inutile, molle, incapable, durant plusieurs semaines alors que je n’avais jamais ressenti ça aussi longtemps et profondément dans ma vie c’est uniquement à cause de mes manquements. Les épreuves à répétitions avaient fini par m’user alors la fatigue m’empêchait de bien étudier, de bien œuvrer, et même de bien me comporter. En résulte une foi qui baisse parce que je n’ai pas pris soin d’elle durant de longs mois.
Je plaque tout, je supprime mon site et mes réseaux sociaux pro. Je suis réprimandé par ma coach mais je n’ai pas envie de m’expliquer. Car je suis bien trop triste et dégouté pour cela. Dégouté de moi, dégouté de m’être éloigné, dégouté d’avoir failli à plusieurs reprises succomber à des choses que pourtant depuis de nombreuses années je blâmais.
Mon expérience de coaché prend fin après six semaines au lieu de douze.
Mon travail de coach prend fin après trois semaines.
À ma famille et à mes amies j’explique juste que je n’ai plus le temps. Je n’en dis pas plus car j’ai honte de moi même si personne ne m’avait jamais rien dit.
À mes clientes je ne dis rien, je continue jusqu’à la fin de mon engagement en réfléchissant à comment aborder avec elles ma nouvelle vision et tout faire pour leur faire prendre conscience que tout ce qu’elles recherchent elles le trouveront dans leur din.
Je suis soulagé de m’être débarrassé de cette vie qui n’est pas la mienne. Mais ce n’est pas pour autant que je vais mieux. Avoir pris l’avis de cette sœur en Allah n’a fait que me conforter dans ce qui me trottait déjà. Mais je vais toujours aussi mal, et même pire. Pire parce que je suis maintenant rongé par la honte. Je ne m’accorde pas de rahmah et surtout, je suis éprouvé dans mon repentir, mais je ne me rends pas encore compte de ça…
Je passe deux mois terribles. Je suis coupé de toutes mes amies avec lesquelles j’ai l’habitude d’étudier, discuter, s’entraider, organiser des activités pour nos enfants, etc. Depuis le début de ce coaching je ne les voyais plus, car j’avais évolué tandis qu’elles étaient restaient dans leurs vies basiques, et même jugées “pourries” par certains et par moi. Sans même m’en rendre compte je m’étais éloigné de tout le monde. Cela faisait maintenant trois mois que je n’avais quasiment vu personne et je me sens terriblement seule. Et toujours aussi honteuse. Ma foi ne va pas mieux, quelque chose m’empêche de me sentir bien. Et de revenir complètement vers mon Seigneur.
Une sœur en Allah très précieuse remarque que depuis quelques mois je m’efface, mais sans trop m’en dire. Elle organise un repas avec d’autres amies et m’invite. Je me sens en décalage et plus à ma place, j’ai honte. À la fin du repas elle fait un rappel : L’épreuve du repentir… Allahu Akbar. Je m’effondre, je ne savais pas que même dans le repentir on pouvait être éprouvé de la sorte, je me reconnais dans chacune de ses paroles. Elle avait écrit ce rappel en pensant à moi, elle ne m’a pas loupé. Je me cache dans une pièce et j’implore mon Seigneur de me pardonner.
Je passe deux jours à pleurer, et à me rappeler de chacune des paroles de ce rappel qu’Allah Le puissant a inspiré à cette sœur.
Au même moment je reçois un long audio d’une autre amie à qui j’avais décidé de me livrer un petit peu, parce qu’une de mes modèles et sœur en Allah qui m’inspire. Son audio me bouleverse tout autant que le rappel deux jours plus tôt. Et mes larmes ne s’arrêtent plus mais se transforment : ce n’est plus de la tristesse mais de la joie.
Je promets à Allah Al Wadud de réussir cette épreuve ; Il veut me voir sincère dans mon repentir ? Alors je vais l’être ! Il ne me laisse pas me repentir facilement ? Alors je vais m’y accrocher avec toutes mes dents, revenir dans la course et battre shaytan et ses soldats. Je vais refaire de mon din le centre de ma vie, reprendre mes études, mon rôle de bergère, et déclarer à mes clientes restantes qu’elles n’ont pas besoin de moi, de formations, de livre sur le développement de ci ou ça, de trouver un travail pour être épanouie, mais de parfaire leur prière, ré ouvrir sans cesse le Coran jusqu’à ce qu’il devienne leur fidèle compagnon, être de bonnes épouses, œuvrer pour la communauté selon leur capacité et pas selon les capacités des autres que l’on voit sur les réseaux sociaux.
Je vais leur dire que leurs vies sont gratifiantes, qu’être une femme musulmane libre et soumise à Allah Tabaraka wa Ta’ala est magnifique. Je vais leur dire qu’être mère au foyer est tellement beau, que leur hidjab est beau, et que si elles veulent travailler elles doivent le faire en se préservant. Que les limites fixées par Allah Le protecteur ne sont pas malléables, que le Coran a une seule lecture, et que nos modèles anciens ne sont pas démodés.
Après ces deux jours de douloureuses et belles larmes, un défi est lancé sur ce fameu groupe Facebook. Une action doit être effectuée chaque jour durant cinq jours, avec des gros lots pour les gagnants. Tout doit être partagé et fait publiquement, je décide de passer à l’attaque et revenir dans la course, dans ma course.
Je fais quelques uns des défis sans rien poster sur le groupe bien-sûr, mais en les envoyant à des personnes de mon répertoire Whatsapp. Comme une revanche personnelle sur ce passage dans un autre monde qui ne me correspond pas, qui ne correspond pas à mes valeurs. Comme pour dire à celles qui m’ont vu m’éloigner ou prendre un autre chemin que je suis de retour, et que je n’ai plus honte.
Je ne me cache plus, j’ai appris de mon expérience, et je suis heureuse et tellement reconnaissante qu’une fois de plus Allah Subhanahu wa Ta’ala me sorte de ce qui peut m’égarer.
Je prends des engagements, j’ai retrouvé mes esprits et ma foi. Me revoilà.
Pourquoi témoigner aujourd’hui ? Pour dire à mes sœurs de se retourner vers leur din. Parce qu’Allah l’a parachevé.
Il y a bien-sûr du bon dans le coaching et chez les coach musulmans, qui savent que le développement personnel est l’Islam. Mais c’est souvent fait dans un contexte de grande mixité, avec des techniques qui ne sont pas en total accord avec les valeurs islamiques ou les enseignements des anciennes générations.
Et surtout, rares sont ceux et celles dont la foi est assez forte pour ne pas succomber à la manipulation des limites et règles d’Allah.
Pour aller bien, aller mieux, se développer et trouver réponses à leurs questions, j’ai vu des sœurs voyager sans même que leurs époux soient au courant. J’ai vu des sœurs participer à des séminaires en faisant équipe avec des hommes, en discutant et tapant la pose avec des hommes. Être même attiré (vraie attirance) par certains aspects de ces hommes alors mêmes qu’elles sont mariées.
J’ai vu des sœurs consulter des coach non musulmans qui croient aux extraterrestres, qui sont lesbiennes ou homosexuels et leur confier leur bien-être.
J’ai vu des sœurs penser qu’elles ont choisi de porter le hidjab parce qu’elles allaient mal et voulaient se cacher, et que maintenant qu’elles vont mieux se sentent étouffé par celui-ci. Je les ai vu le retirer, ou le modifier jusqu’à le rendre étroit et serré, dévoilant ce qu’il est supposer protéger.
J’ai vu des sœurs qui refusaient catégoriquement de parler à des hommes et se mélanger finir par les complimenter à tout va et accepter de se faire complimenter à tout va par eux. Les nommer par des petits surnoms mignons juste après un “baraka Allahou fik”.
J’ai vu des frères et des sœurs se parler à travers des vidéos sous couvert de fraternité. Se parler toute la soirée et une partie de la nuit, devant un groupe de plus de 1000 personnes, mais j’ai aussi vu des frères parler en privé à des sœurs pendant des semaines et des mois, finissant par avoir des sentiments les uns pour les autres peu importe la situation maritale de l’un ou de l’autre.
En étant dedans il est difficile de se rendre compte de la gravité et de la dangerosité. Il est aussi difficile de ne pas succomber. Si on ne ressent pas de gêne et qu’on est persuadé que c’est un moyen pour se sentir bien, et briller de nouveau, jusqu’où peut-on aller avec cette frater-mixité, ce développement islamo-coaching déguisé ?
Je conseille à mes sœurs qui ont besoin de réponse, de lumière, de soutiens, de se tourner vers des personnes sages et de science connues pour leur fermeté religieuse. Un professeur, un imam, un grand-père…
Je conseille à toutes mes sœurs qui se sentent inutiles ou presque moins que rien dans ce monde de prendre pour modèle les mères des croyants et les grandes sahabiyat, les femmes de foi qui ont marqué ce monde par leur dévouement à leur Seigneur et leur fermeté impitoyable aux lois d’Allah.
Je leur conseille de se rappeler qu’Allah Subhanahu wa Ta’ala nous a mit sur Terre pour l’adorer, et que Son adoration a un cadre fixé et des règles.
Je leur conseille de se rappeler que le champ d’action est vaste, et que passer à l’action doit être cadré par les lois d’Allah Subhanahu wa Ta’ala.
Je leur conseille de limiter les réseaux sociaux.
Je leur conseille de lire le Coran, meilleur livre regroupant toutes les meilleures formations actuellement sur le marché.
Je leur conseille de consulter des femmes sages, pudiques, qui œuvrent en secret, et qui leur rappelleront la raison de leur existence et leur diront comment calmer leur maux.
Et surtout mes sœurs, ne vous comparez pas.
Car aucun diamant n’est pareil qu’un autre.

Votre sœur qui vous aime en Allah.»

Auteur de l’article : Rayan

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