Travailler dans un système judiciaire non-islamique ?

Les nouvelles générations de musulmans ont besoin d’une déprogrammation idéologique pour les libérer de l’idée fausse et insidieuse qu’il est permis de devenir avocat et (pire) juge dans un système judiciaire mécréant. Ce phénomène ne fera que s’amplifier si nous ne le rejetons pas activement et ne condamnons pas les personnalités musulmanes qui le promeuvent, il faut constamment avoir en tête que :

“Le jugement n’appartient qu’à Allah : Il tranche en toute vérité et Il est le meilleur des juges.” (S6V57)

“N’as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu’on a fait descendre vers toi [prophète] et à ce qu’on a fait descendre avant toi ? Ils veulent prendre pour juge le Tâghout, alors que c’est en lui qu’on leur a commandé de ne pas croire. Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l’égarement.” (S4V60)

“Est-ce donc le jugement du temps de l’Ignorance qu’ils cherchent ? Qu’y a-t-il de meilleur qu’Allah, en matière de jugement pour des gens qui ont une foi ferme ?” (S5V50)

2. La défense (en tant qu’avocat) et le jugement (en tant que magistrat ou juge) de la liberté, du sang, de la richesse et de l’honneur des gens ne doivent se faire que dans le cadre d’un système qui accepte la souveraineté d’Allah et qui s’incline devant Ses jugements.

3. Ces professions, par leurs définitions mêmes, nient le fondement principal de l’Islam connu sous le nom de Tawhid (monothéisme, Unité d’Allah), ce qui conduit au shirk (association de partenaires avec Allah). Ceci est une réalité, que vous divisiez le tawhid en 3 (Seigneurie, Adoration, Noms et Attributs), la législation, étant le seul droit d’Allah, relève alors de l’adoration – ou dans une catégorie à part pour ceux qui classifient le Tawhid en 4 : Seigneurie, Adoration, Noms et Attributs et al-Haakimiyah (Unicité dans son droit de gouverner, de légiférer et de juger).

4. L’absence d’un système juridique islamique ne permet en aucun cas la négation du tawhid, c’est-à-dire le shirk, par quelque moyen que ce soit. Les oulémas classiques n’ont même pas parlé de décisions concernant l’absence d’un système juridique islamique parce qu’ils n’ont jamais imaginé un état des choses aussi déplorable : que la oumma n’aurait un jour plus de système juridique islamique et que la charia serait reléguée aux manuels de fiqh et aux rêves d’idéologues.

5. Perdre notre din en exerçant des professions qui nient ou mettent en danger notre islam et se revêtir les vêtements (tant physiquement avec la tenue d’avocat et de juge inventée par les mécréants, que métaphoriquement) des colonisateurs, des orientalistes, des athées et des laïcs n’est pas une “émancipation” ou un progrès pour les musulmans. Cette illusion trompeuse ne devrait pas être “inspirante” ou “cool”, même si nous sommes faussement amenés à le croire à cause des musulmans qui s’affichent fièrement sur les réseaux sociaux avec leur tenue d’avocat ou de juge dans les pays Occidentaux. C’est un sinistre chemin de compromis religieux et de la désensibilisation face à la profanation des symboles d’Allah. Il s’agit plutôt d’un véritable nifaaq (hypocrisie), d’une décadence morale, d’un véritable recul et d’une humiliation. A ce titre, l’Imam As Shafi’i, fondateur de l’une des 4 grandes écoles de droit sunnite, considérait que la plus grande humiliation pour les mécréants vivant en terre d’Islam était qu’ils devaient se plier aux lois des musulmans. Alors comment nous musulmans, pouvons-nous trouver de la fierté à non seulement se plier, mais à faire partie intégrante du système judiciaire des mécréants ?!

6. Non, vous n’aidez pas les musulmans en devenant juge ou avocat, oui, il vaut mieux qu’un musulman fasse appel aux services d’avocats de carrière qui ne sont pas musulmans et qui vivent et respirent la profession d’avocat et qui peuvent éviter à nos frères et sœurs musulmans la difficulté d’entrer dans ces professions et de tomber dans le kufr et le péché ou de risquer de le faire. Il y a beaucoup d’avocats qui ne sont pas musulmans et qui prennent leur métier au sérieux et ne cherchent pas à enfoncer les musulmans, surtout s’ils sont innocents.

7. Non, l’Islam n’interdit pas simplement de devenir avocat à cause de “la partie mensongère” qui fait partie du travail d’avocat (c’est-à-dire que les avocats non seulement défendent souvent des coupables, mais font tout pour qu’ils aient des peines faibles en arrangeant la réalité s’il le faut), c’est une diversion trompeuse venant de certaines personnalités musulmanes qui devraient mieux se renseigner sur le sujet du Tawhid. Le principal problème est la “partie aqidah”, c’est-à-dire la partie consistant à se présenter au tribunal et à demander le jugement des mécréants. Il s’agit d’une désensibilisation à la profanation des symboles d’Allah. L’avocat ou le juge musulman dans un système mécréant est donc en constante lutte idéologique interne, en vertu de l’exigence islamique de haïr le kufr et ce qui déplaît à Allah, il doit détester son travail au quotidien et détester ce qu’il lit, préconise, cite et utilise comme preuve. Combien d’avocats connaissez-vous qui vous disent détester ce qu’ils lisent et disent quotidiennement parce qu’ils savent que c’est contraire à l’Islam ? Combien détestent les lois du Code Civil ou du Code Pénal qu’ils citent constamment ? S’ils ne le font pas, s’ils n’ont pas cette haine interne constante dans l’exercice de leur fonction alors notre position est justifiée et cette désensibilisation à l’abandon des symboles d’Allah, de Sa législation et de Son unique droit à Légiférer et Juger vient avec le fait de pratiquer le droit des mécréants et ne peut que conduire celui qui fait cela sur la voie de l’acceptation des lois de l’homme, même tacitement, risquant ainsi de tomber dans la mécréance.

8. Non, le simple fait qu’il existe des similitudes entre la charia et des lois laïques dans certains aspects punitifs ne permet pas de travailler avec les lois laïques, pas plus qu’on ne se permettrait de vivre et de juger selon la Torah ou les lois chrétiennes médiévales qui sont pourtant bien plus proches de l’Islam que le système judiciaire mécréant contemporain.

9. Un juge ou un magistrat est bien pire qu’un avocat, car il n’a pas seulement cherché à obtenir la décision d’un taghout mais, en fait, il est le taghout lui-même.

10. La promotion de ces professions par des personnalités islamiques sans aucune indication sur le risque colossal qu’elles font courir à l’iman et au tawhid des musulmans est une forme de tromperie insouciante, irresponsable et impitoyable de la plus haute importance. Sur ce point, nous avons vu l’un d’entre eux encourager une sœur australienne portant le niqab à poursuivre ses études de droit et à devenir avocate en exercice. Le risque est le même pour les femmes et les hommes, mais ce qui a attiré notre attention, c’est le mélange manifestement ridicule des symboles islamiques comme le hijab (ici le niqab) et le kufr d’une salle d’audience et des tenues d’avocats et de juges mécréants (essentiellement deux mondes en complète opposition) qui deviendrait un spectacle commun et un encouragement pour les autres musulmanes faibles d’esprit, le tout avec la touche d’approbation d’un prédicateur musulman connu.

Ceci est un avertissement très important pour les grandes fitan à venir. Le faux se mélange au vrai et le vrai se mélange au faux. Des musulmanes portant des tenues de musulmanes sont fières de juger avec les lois des mécréants. La hawla wa la quwwata illa billah.

Qu’Allah nous protège tous.

The Muslim Realist (avec quelques adaptations de ma part).

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