Violence de masses et faillites familiales

Ce qui passe souvent inaperçu dans les cas de violence de masse, c’est la façon dont les agresseurs viennent le plus souvent de contextes familiaux instables, brisés ou inexistants. Tout le débat national aux USA porte sur les lois sur le port d’armes à feu, la maladie mentale, le racisme, etc., mais peu d’attention est accordée aux forces sociales plus vastes qui créent des gens capables de commettre de telles atrocités.

Nous vivons à une époque où les institutions familiales sont à leur point le plus faible de l’histoire humaine. Dans certains pays comme les États-Unis, plus de la moitié des enfants naissent et sont élevés dans des familles monoparentales. Grandir dans une famille monoparentale n’est pas un problème en soi (parfois le divorce est nécessaire), mais dans la plupart de ces ménages, il y a aussi un manque d’autres membres de la famille (grands-parents, oncles, tantes, beaux-parents ) membres qui créent un environnement aimant, favorable et protecteur, capable de produire des êtres humains moralement et mentalement sains.

Comme je l’ai dit dans le passé, nous vivons dans un monde centré sur l’État et non pas centré sur la famille. En tant que tel, les dimensions primaires de la vie humaine sont gérées à travers les institutions d’Etat et d’entreprise. Pour ne citer qu’un exemple, il suffit de penser au smartphone et au temps que nous passons tous à regarder nos téléphones, absorbés par cet autre monde contrôlé par des entités corporatives (par exemple, facebook, google, etc.). Ce temps que nous dépensons a un coût d’opportunité. Plus nous sommes branchés sur ce système d’État et d’entreprise, moins nous avons de liens avec nos familles. Cela a un effet profond sur la psyché humaine. Et ce n’est pas quelque chose qui vient de commencer à l’ère du smartphone. Beaucoup d’autres institutions de l’Etat dominent nos vies. La garde des enfants, l’éducation, le travail, les soins de santé, les soins aux personnes âgées, l’endroit où nous vivons, notre mode de vie, etc., sont tous déterminés dans une large mesure par les pouvoirs de l’État et des entreprises. La famille n’a plus aucune signification fonctionnelle, ce qui contraste fortement avec les sociétés prémodernes et les sociétés islamiques en particulier, qui sont toutes centrées sur la famille.

Y a-t-il une corrélation entre la dissolution de la famille et la montée des assassins de masse, qui ne ressentent aucun remords, aucune hésitation à abattre des dizaines de personnes innocentes? Je le pense. Je pense que le fait que les gens sont plus isolés, plus solitaires, ont moins de liens avec leurs relations de sang, passent la plupart de leurs journées à regarder les écrans – je pense qu’il serait idiot de ne pas penser que cela a un effet profond sur un petit pourcentage de la population agissant de manière odieuse et inhumaine.

Le malheur est que ces attaques fournissent un prétexte aux institutions étatiques pour étendre leurs pouvoirs et rendre les gens encore plus dépendants des institutions étatiques et des récits d’Etat. La surveillance est un exemple. Si vous voulez être en sécurité, affirme le gouvernement, vous devez accepter une surveillance de masse. Si vous voulez être en sécurité, vous devez permettre au gouvernement d’instituer des programmes anti-extrémiste dans les écoles publiques (par exemple, pour conditionner les enfants à être plus obéissants au pouvoir de l’Etat et moins susceptibles d’agir violemment). Si vous voulez être en sécurité, vous devez permettre au gouvernement de contrôler plus soigneusement votre mobilité (par exemple, par des interdictions de voyager, des points de contrôle routiers, des exigences d’identité pour les voyages en avion). Si vous voulez être en sécurité, vous devez nous permettre d’enseigner à tout le monde de se méfier des membres de la famille et de rapporter au gouvernement si vous voyez des «tendances extrémistes» de la part des enfants, parents, famille, etc. 
Tous ces programmes permettent de renforcer le pouvoir de l’État et des entreprises et de détruire les liens familiaux.

Quand on voit un tel accent sur la famille dans l’Islam : maintenir les liens de parenté, respecter ses parents, le rôle du mari comme protecteur et pourvoyeur, le rôle de la femme comme maîtraisse de maison, la meilleure charité étant la charité envers sa famille, etc. Ces choses ne sont pas seulement des suggestions utiles. Ce sont des impératifs nécessaires pour créer une société centrée sur la famille qui puisse produire des êtres humains moralement, mentalement et spirituellement sains. L’Islam nous donne ce dont nous avons besoin pour s’épanouir en tant qu’êtres humains. Nous devrions le prendre beaucoup plus au sérieux.

Daniel Haqiqatjou

Auteur de l’article : Rayan

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